[Visiteur du Graht - Connexion]   

MAGNAC SUR TOUVRE



MAGNAC SUR TOUVRE



HABITATS TROGLODYTES DE LA PREHISTOIRE AU MOYEN ÂGE

AVANT-PROPOS

Cet ensemble archéologique important, découvert par notre regretté ami Michel Mazière, renferme neuf sites étalés sur une distance d’environ 400m. Il comprend six grottes et trois abris et habitats semi troglodytes installés en façade d'une barrière rocheuse. Cette muraille calcaire est orientée selon un axe nord-est sud-ouest. Si les grottes sont restées dans leur contexte naturel, il n'en est pas de même pour les habitats où séjournèrent durant de longues périodes des groupes humains qui améliorèrent leur conditions d'hébergement. L'appellation toponymique du lieu évoque d'ailleurs une occupation qui se prolongea jusqu'à l'époque médiévale.

Les Sites Archéologiques des Bois de Sainte Catherine

Les sites sont orientés en direction du soleil levant. La première grotte rencontrée se positionne au sud du groupe d'habitats et les autres se suivent en enfilade selon un axe sud-nord. Ils sont tous visibles au pied de la falaise rocheuse, au milieu des bois. Leur accès est assez pénible car le terrain est pentu. Nous procèderons à leur description par ordre d'apparition sur le terrain.

"Grotte N°1"

Cet habitat vraisemblablement préhistorique occupe l’extrémité sud de la barrière rocheuse. Il s’ouvre en direction de l’est, au soleil levant. L'entrée naturelle possède la forme d'une voûte en anse de panier plus ou moins régulière. La cavité interne révèle un habitat long de 6,10 m selon un axe est-ouest. Au premier tiers de l’entrée, la largeur atteint 5,10 m. Au fond de la grotte cette largeur n’est plus que de 4,10 m. La hauteur sous voûte est de 2,10 m. Compte tenu des éléments archéologiques retrouvés dans une grotte située à peu de distance, on peut supposer une occupation préhistorique. Le site est en parfait de conservation. Après des recherches bibliographiques infructueuses sur sa présence, la découverte de ce site est inédite et est attribuée à notre décédé.

« Grotte N°2»

Cette grotte est également installée au sud de la barrière rocheuse. Elle s’élève dans la pointe de la parcelle boisée. Ce nouvel habitat préhistorique occupe presque le sommet du coteau calcaire. Il s’ouvre en direction de l’est comme la précédente. La cavité interne révèle un habitat long de 5 m selon un nord-sud. La profondeur de cette salle atteint 3,20 m et sa hauteur 1,40 m. La première partie de cette cavité est une vaste salle à plafond bas, dû à un éboulis ancien. Une deuxième salle au trois quart comblée contenait des objets en silex datant du néolithique et des ossements humains et animaliers. Elle se situait en prolongement de la première.

« Abri sous roche N°1 »

Cet abri sous roche se trouve implanté approximativement à l’axe central de la barrière rocheuse. Il est au milieu de bois et surplombe un sentier forestier. Cet habitat fut probablement occupé dès la Préhistoire compte tenu de son environnement immédiat. Il n’a livré aucun mobilier à ce jour. Cet abri de petites dimensions est proche des habitats préhistoriques décrits précédemment. C’est une cavité, peu profonde et de faible hauteur, de nos jours. Un sondage archéologique permettrait de mieux appréhender ce site.

« Habitat N°1 et sa grotte supérieure »

Cet habitat et sa grotte supérieure se trouvent implantés approximativement à l’axe central de la barrière rocheuse. Ils sont implantés au milieu des bois et surplombent un sentier forestier. Ils côtoient l’abri sous roche situé à sa gauche. Cet habitat médiéval pourrait être le vestige d’une ancienne occupation monastique du Haut Moyen-âge. Les aménagements techniques et domestiques rencontrés dans les autres grottes proches, montrent qu’après l’occupation préhistorique présumée des grottes, des ermites ont pu s’installer dans cette vallée. Les conditions d'installation étaient propices à celle-ci car l'environnement naturel offrait toutes les conditions de sédentarisation nécessaires, gibiers, eaux cueillette.

La barrière rocheuse conserve encore, creusée dans le calcaire, les traces des trous de bois de charpente, des auvents installés en façade. Ces trous sont percés proprement à intervalles réguliers et sont sans équivoque possible sur la nature de leur utilisation. Ils sont situés en dessous d’une plateforme et d’une grotte basse qui ont pu servir de cellule pour dormir. Les traces d’accrochage d’un escalier très ancien, sont encore perceptibles. Compte tenu des éléments archéologiques retrouvés à proximité on peut envisager une occupation préhistorique des lieux, suivi d’une occupation durant le Haut Moyen-âge.

« La Grotte N°3 »

Cette grotte se trouve implantée dans la seconde partie de la barrière rocheuse en se dirigeant vers le nord-est. Elle est au milieu du bois et surplombe un sentier forestier. Possédant de grandes dimensions, elle appartient à un second groupe de quatre sites occupés très probablement dès la Préhistoire, puis durant le Haut Moyen-âge. Elle sera encore fréquentée au cours du XVIIe siècle. Elle dessine un Y. Les bras du Y se divisent en deux galeries, l’une se dirigeant vers le nord-ouest, la seconde et la plus longue vers le sud-ouest. Cette dernière débouche après une cinquantaine de mètres, voir plus, en contrebas le la grotte où furent découverts les ossements d’enfant.

L’intérieur de la grotte se développe sur deux niveaux. Le premier, est une galerie étroite et profonde qui se développe du sol jusqu’à une hauteur d’environ 1,50 m. A l’entrée ce couloir mesure 1,50m de large. Au centre cette largeur se rétrécie à 1m et à l’intersection du Y elle s’évase à nouveau pour atteindre 1,10 m.

Le second, constitué par deux élévations rocheuses formant terrasse qui longent la galerie inférieure sur une distance de 5 m de long, à l’intersection des branches du Y. La section s’étirant depuis l’entrée jusqu’au bras du Y, conserve sur les parois du long couloir et la voûte, la trace d’un élargissement de l’espace domestique. Près de l’entrée, une large rainure creusée dans la roche calcaire, indique l’emplacement d’une porte. Plusieurs trous montrent l’utilisation de bois de blocage pour renforcer cette fermeture. Ces traces laissent présumer une occupation durant le Haut Moyen-âge. Nous pensons qu’à cette période de l’occupation, un plancher fut aménagé pour rendre plus aisé les déplacements à l’intérieur de la grotte, afin d'augmenter l’espace habitable, mais également pour le rendre plus fonctionnel. Certains trous et feuillures aménagés près du socle des deux assises rocheuses du niveau supérieures, sembleraient confirmer cette hypothèse. Les bras du Y montrent le même profil. Un niveau bas et un étage comme celui qui se voit de l’entrée à l’intersection. Le boyau nord-ouest s’étire sur plusieurs mètres de long. Le plus long, au sud-ouest à donné dans les années 1950, un fragment de calotte crânienne appartenant à un jeune enfant.

« Abri sous roche N°2 »

Cet abri, installé à gauche de l’entrée de la grotte N°3 est en légère élévation du sol, environ 1,20 m au-dessus de ce niveau. C’est une cavité de dimensions modestes. En façade, la plateforme surplombant le sentier d’accès, se situe entre 3,50 m et 4 m de longueur. La profondeur s’enfonce d’environ 2 m à 2,50 m et la hauteur autorise un déplacement courbé ou encore les positions assises et agenouillées. Il offrait malgré tout un abri temporaire.

Compte tenu des éléments archéologiques retrouvés dans le bras sud-ouest de la Grotte N°3 et reconnu par le Docteur Drouillard, médecin à Ruelle dans les 1950, les ossements retrouvés appartiennent à un jeune enfant. On peut admettre l’idée d’une occupation préhistorique des lieux, qui se serait poursuivi au fil des siècle pour devenir au Haut Moyen-âge, à partir du VIe siècle, un ermitage troglodytique, période ou l’érémitisme et le cénobitisme se sont développés dans notre région.

« La Grotte N°4 »

Cette grotte se trouve implantée dans la seconde partie de la barrière rocheuse en se dirigeant vers le nord-est. C'est une cavité de grandes dimensions. Elle appartient au second groupe de quatre sites occupés à la Préhistoire, au Haut Moyen-âge, puis visité au XVIIe siècle. C’est une caverne longue d’une quinzaine de mètres. L’entrée ouverte à l’est mesure environ 3,50 de large. Au centre cette largeur n’est plus que de 2,95 m. Le fond s’achève en demi-cercle, pour un diamètre de 2,10 m. Près de l’entrée la hauteur sous voûte se dresse à 3,30 m de haut.

Le sol de la salle est uniforme. Les parois sud et nord portent près de l’entrée des entailles larges et verticales, traces de feuillures de portes très anciennes. Des trous de bois indiquent des systèmes de blocage de la porte. Plusieurs trous creusés à mi-hauteur du plafond laissent envisager un possible plancher.

Dans la seconde partie de la grotte, la paroi sud est agrémentée d’une alcôve. Peut être s’agit-il d’une tentative de percement du mur pour obtenir un accès avec la grotte N°3.

La paroi nord porte des trous de blocage de bois, ainsi que des saignées en U. Il est possible que ce lieu servit d’espace réservé au repos. Il fût fermé à cet endroit. A peu près en face de l’alcôve, fut retrouvé au so,l un outil de tailleur de pierre. Un têtu sans manche fut laissé ou oublié sur place.

« La Grotte N°5 »

Cette petite grotte jouxte la précédente à droite. Elle est de faibles dimensions. Une seule personne peur occuper cet abri. Longue de 3,80 m, il est impossible de se tenir debout dans cette cavité. Seule la position assise ou agenouillée est autorisée. L’entrée mesure 1,10 m de large et se réduit à 0,80m au trois quart de sa longueur. Au fond elle n’est plus que de 35 cm. Près de l’entrée se voit des traces de feuillures pour recevoir une porte et des trous pour bloquer celle-ci de l’intérieur. Elle fut probablement occupée au Haut Moyen-âge. Sa destination était peut être de fournir une couche à son locataire ou encore elle a pu servir également de grenier ou de local domestique pour des outils, comme le laisse supposer le trou béant situé tout au fond.

« La Grotte N°6 »

Cette grotte est un long corridor ondulé, d’environ une quinzaine de mètres. Elle possède deux entrées. La première est ouverte au sud-est et l’autre au nord-est. Cet habitat probablement visité à la Préhistoire devint un ermitage troglodytique où s’installèrent dans ces lieux vers le VIe siècle, des cénobites désireux de vivre dans le silence et la contemplation. Comme dans les précédentes grottes et habitats décrits dans les dossiers précédents, nous avons retrouvé des traces d’aménagements domestiques. Trous de bois, blocage, élargissement de l’espace et étagères sont visibles dans la roche, tout comme les traces de piquetage.

Quatre salles composent cet habitat. Seule la plus au nord, près de l’entrée, autorise la station verticale. Les autres salles semblent avoir eu une fonction de lieu de repos. Dans le second espace de vie, situé près de l’entrée sud-est, a été retrouvé un fragment de mandibule inférieur conservant trois dents, appartenant à un enfant. Plusieurs individus pouvaient séjourner dans cet habitat.



Etude du Site Archéologique, Rapport SRA et Texte de l'Article

Daniel BERNARDIN - Responsable des Opérations Archéologiques

Relevé de mesures - Plans et Dessins

Daniel BERNARDIN - Pierrot Mazière – Fabien Truffandier

Inventeurs des sites

Pierre Mazière - Daniel Bernardin - Fabien Truffandier - Jean-Paul Duprilot - Brigitte Delavie

Intervenants sur le site

Pierre Mazière - Daniel Bernardin - Fabien Truffandier - Jean-Paul Duprilot - Brigitte Delavie

Références (bibliographie, archives)

Il n'existe aucune référence bibliographique car ce sont des découvertes inédites réalisées par notre ami Pierre Mazière

Photographies

Daniel Bernardin - Pierre Mazière

Liens Relatifs


Précédent

Temps : 0.1539 seconde(s)