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LES MEULIERES DE VIGNAC - LES CHAUMES DE VIGNAC A CLAIX - ROULLET SAINT-ESTEPHELES MEULIERES DE CHAUMES DE VIGNAC lE SITE ARCHEOLOGIQUE Les meulières des Chaumes de Vignac et du plateau des meulières, s’étendent sur une vaste surface qui englobe un territoire s’étendant du hameau de Vignac, à celui des Baudries commune de Roullet, jusqu’à celui de Chez Verguin sur la commune de Claix. Ces carrières, qui s’étendent sur une surface d’environ 30 hectares, tout comme celles étudiées par le GRAHT sur la commune de Mouthiers sont parmi les plus riches pour leur passé et leurs vestiges répertoriées en France. Une première mention de meulières à Claix et à Roullet apparaît dans les textes en 1306. Possessions de l’évêché d’Angoulême, le seigneur Alain Delisle et le prieur d’un établissement religieux des environs reconnaissent tenir chacun des carrières de leur suzerain, l’évêque de la cité Angoumoisine. Ces meulières resteront propriété de l’évêché jusqu’au XVIIIe siècle, puis des seigneurs de Claix, les Calluau au XVIème siècle, puis ensuite les Boisson au XVIIème. Orienté du nord au sud sur environ 20 hectares la carrière de meules, dévoilent de longs couloirs de gradins qui s’étirent sur tout ce territoire. Sur cette étendue immense surgirent des fouilles archéologiques menées par Alain Belmont en 2008, des dizaines de négatifs de meules, de multiples échecs d’extraction, des meules brisées, ainsi que des portions, quart ou moitié de meules, gisent encore de nos jours, abandonnées sur le site archéologique. Les gradins s’élèvent tels des colonnes sur lesquels se superposaient les tailles de meules en cours d’exécution. Les premières meules extraites de la barrière calcaire mesuraient entre 70 et 80cm. Les fronts de taille parfaitement structurés s’alignent tels des futs ouverts vers le ciel sur plusieurs mètres de hauteur. Ici était extraites les meules de l’époque médiévale avec des dimensions comprises entre 1,10m et 1,40m. Plus vers l’est du plateau, le diamètre des meules s’étire entre 1,56m, 1,64m à 1,68m. Les plus grandes atteignaient un diamètre compris entre 1,70 et 1,80m. Elles furent extraites dans des front de taille serpentiformes, rectangulaires dont certains atteignaient une cinquantaine de mètres. Ces meules étaient retirées sur un plan horizontal et sur plusieurs mètres de hauteurs, entre 3 à 8m de hauteur. Des milliers de meules seront retirées de cette vaste meulière et seront exportées jusqu’à environ 100km de leur site d’extraction. L’exploitation du site se poursuivra plusieurs siècles durant et les conséquences de cette activité intensive fut telle que le paysage en sera à jamais bouleversé. Devenu une étendue quasi désertique, occupée par une végétation constituée d’arbustes, de fourrés, de broussailles et de pelouses sèches, le sol sera totalement dépouillé de ses bois, de ses bosquets et de ses cultures au profit d’une lande inculte devenue le royaume des meuliers. Selon Alain Belmont, les meulières de Claix auraient été exploitées dès l’Antiquité ou le Haut Moyen-Âge. De ces meulières seront extraites des centaines de milliers de meules manuelles rotatives, des meules de moulins à grains monolithes ainsi que des demi-meules, pendant près de 2000 ans. L’aire de diffusion s’étendra à toute la région Poitou-Charentes. PREPARATION DE LA ROCHE MEULIERE Avant de commencer le travail de taille de la meule, le meulier choisissait avec soin le bloc dans lequel serait ensuite taillée la meule. Une fois ce choix opéré, il dessinait au compas les contours de celle-ci selon la commande et la dimension pour laquelle il devait tailler la roche. Ainsi, il utilisait son compas à l’aide duquel il traçait sur la roche le profil de la meule, puis il détourait à l’aide de son burin et de son marteau la circonférence de cette dernière. Petit à petit et jusqu’à ce que l’épaisseur souhaitée soit atteinte, il poursuivait sans relâche ce travail de percussion. Une fois achevée, il devait extraire la meule de son moule en introduisant dans les sillons de détourage des coins en bois ou en fer. Les coins en bois, généralement en sapin, étaient mouillés pour le faire gonfler ou dilater en épaisseur, ce qui provoquait l’éclatement et la séparation de la meule de son moule et ainsi provoquer son décollement ou détachement, du banc de roche. Les meules sont d’abord dessinées grâce au compas puis “détourées” au burin dans le banc du rocher. On introduit dans les sillons de détourages des coins de fer ou de sapin sec. Ces derniers sont mouillés et en gonflant ils provoquent le détachement de la meule de la paroi. Selon le professionnalisme des uns et des autres, ils œuvraient indépendamment à la future création. Les journaliers ou manœuvres dégageaient le futur bloc de sa croûte d’herbe et de terre. Ensuite le meulier préparait le bloc de roche et s’il était lui-même Maître Meulier il procédait à la taille de finition, à son extraction. C’est également eux qui assemblaient les meules lorsqu’elles étaient extraites en plusieurs quartiers. P style="TEXT-ALIGN: center">
Description du Site et Classification de la meulière
A Vignac, plusieurs équipes travaillaient simultanément et se partageaient l’espace ou serait retirée la meule en cours de fabrication.
Pour extraire les meules, les meuliers utilisaient plusieurs techniques d’extraction sur les chantiers. Les vestiges retrouvés montrent que les alvéoles observées sur le terrain, ont été travaillées selon plusieurs méthodes de façonnages et de décollement des meules une fois terminées.
Nous avons pu observer sur le terrain les différents modes d’exploitation des carrières et les méthodes employées pour fabriquer les meules de moulins.
Nous avons ainsi établi une classification qui s’applique aussi bien aux meulières des Chaumes de Crage, à Saint-Marc et à la Petite Tourette à Angoulême, à celle de Mouthiers, aux « Chaume des Meulières » du hameau de La Meule qui sont parmi les plus impressionnantes et pour les plus simples reconnues à Chateauneuf, à Mouthiers à la Croix Ronde sur le plateau de La Rochandry et enfin Magnac sur Touvre à Bussac. Notre classification se définit ainsi :
Extraction simple sur roche isolée, en fosse,
Extraction en alignements peu élevés,
Extraction en paliers ou gradins de faibles hauteurs, (2 ou 3 hauteurs de meules),
Extraction en colonnes, tubes ou fuseaux de plusieurs mètres de haut,
Extraction en tranchées avec de longs et hauts couloirs rectangulaires parallèles,
Extraction en fosses, cuves ou poches, en plan de nids d’abeilles (fouilles archéologiques Alain Belmont en 2008),
Echecs de meules, négatifs et positifs en place,
Meules Trouées ou percées d’un œil.
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Ce mode d’extraction se retrouve aussi bien dans les carrières de meules de plaines ou de plateau, que dans les meules de rivières ou torrents de montagne (Pyrénées, sud de la France, Corse, etc…). Nous l’avons constaté dans le cadre de recherches sur le territoire français.
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Nous avons eu l’occasion de retrouver en Corse des blocs de roches isolées portant le traçage au compas d’une future meule au travail inachevé pour une raison inconnu. Peut-être l’abandon provient-il d’un problème de transport à moins que la roche ne présente un défaut passé inaperçu au moment du traçage.
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L’Extraction en alignements peu élevés et unique
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Ce procédé fut employé au « Chaumes de Vignac » et à Mouthiers à la « Meulière de la Meule ». Les fronts de taille peu élevé s’étirent sur plusieurs dizaines de mètres et dévoilent simplement l’extraction d’une seule meule à intervalles plus ou moins réguliers, le long de la barrière rocheuse
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L’Extraction en paliers ou gradins
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Généralement ce mode de retrait des meules de leur gangue rocheuse, dépendait surtout de la hauteur et de la qualité de la barrière rocheuse d’où elles étaient extraites. Généralement ce type d’enlèvement ne concernait que deux ou trois meules superposées. Si l’on prend le temps d’observer attentivement la paroi de ces paliers, on aperçoit la partie de la couronne cerclée, constituant les vestiges de la circonférence de la meule et son enlèvement de ces étages successifs, formant un escalier ou gradins, d’où furent retirer les meules. Ces meules étaient tirées en position décalée d’un palier à l’autre.
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Extraction en colonnes ouvertes, tubes ou fuseaux de plusieurs mètres de haut
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Ces points d’extractions sont souvent impressionnants par la profondeur ou la hauteur sur laquelle ils ont été exploités. Que ce soit à Claix ou à Mouthiers ces tubes ou fuseaux, dressés au-dessus du vide donnent le vertige à celui qui s’approche trop près. Ces colonnes vides et ouvertes par moitié possèdent des diamètres stupéfiants qui laissent dubitatif sur la surface que pouvait posséder la meule extraite dans ces longs fuseaux Selon l’épaisseur et le diamètre des meules fabriquées dans ces tubes, on peut supposer qu’une bonne dizaine de celles-ci étaient extraites régulièrement le long de la barrière rocheuse intéressée. Les bancs de roche d’où elles étaient retirées ne s’étiraient que sur quelques mètres (Chaumes de Crage et Saint-Marc à Angoulême), Chaumes de Vignac à Claix, La Meule à Mouthiers).
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L’Extraction en tranchées avec de longs et hauts couloirs rectangulaires parallèles
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Ces tranchées de grandes longueurs dessinant une longue coulée renfermaient des vestiges en grade quantité. Chaque paroi de la faille est entaillée verticalement et montre un entassement successif de meules retirées entre 5 et 8m de hauteur, à certains endroits (Claix, Mouthiers).
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Ces tranchées s’étirent souvent sur une vingtaine de mètres et s’achèvent par une extrémité fermée plate ou en arc de cercle.
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L’Extraction en fosses, cuves ou poches, en plan de nids d’abeilles (fouilles archéologiques Alain Belmont en 2008)
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C’est la forme la plus spectaculaire et la plus belle, des principes d’extraction des meules. Il est possible que si des fouilles archéologiques de même nature qu’à Claix étaient réalisées à Mouthiers et à Chadurie nous retrouverions des conditions d’exploitations identiques. Une fois dégagée de toutes les impuretés du sol, terre, déchets de roche, broussailles, etc, nous découvririons un sol couvert de cuves ou de fosses, qui renfermaient les positifs des meules dont il ne subsiste que les vestiges en nid d’abeilles jonchant le sol calcaire de ces chantiers d’exploitation.
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Echecs de meules, négatifs et positifs en place
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Eparpillées sur le terrain, de nombreux échecs de meules jonchent le sol. Abandonnées dans la carrière ces roues présentent des dégradations provenant de la nature impropre de la roche, d’un mauvais décollement au moment de l’extraction ou d’une cassure lors de la même opération. Encore en place dans leur moule ou gangue, elles gisent également isolées à intervalles irréguliers sur l’étendue de la carrière.
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En d’autres points de la meulière, se voient de temps à autres, les vestiges de négatifs et de positifs de meules avec quelquefois l’échec d’extraction de la meule qui repose toujours depuis des décennies, dans son moule.
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Meules Trouées ou percées d’un œil ou œillard, abandonnée sur le site
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Plusieurs meules retrouvées sur les sites d’exploitation possédaient au centre de leur surface un trou traversant l’épaisseur de la roue. Ce trou appelé œil ou encore œillard était percé au centre des meules. Ce drain qui perce la meule tournante, et qui servait également de goulet pour permettre le passage du produit à moudre, constituait un axe dans lequel était introduit un pieu rond qui permettait de faire rouler de champ la meule, pour la déplacer jusqu’à la charrette de transport.
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Lorsque les meules étaient extraites en bordure de falaise, les meuliers faisaient glisser à plat le long de la meulière, les meules, puis sur terrain plane, ils introduisaient des rondins dans les œillards pour les faire rouler. Dès que les meules arrivaient en bordure de piste carrossable, ils les mettaient sur un traîneau et les hissaient sur un char tiré par des bœufs ou des chevaux.
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Une fois la roue installée au moulin, le grain à moudre était déversé dans la trémie. Quand la meule supérieure tournait, le babillard tourne également et, en secouant l'auget, faisait tomber régulièrement les grains dans l'œillard de la meule tournante. Le grain va ensuite passer entre les deux meules pour être moulu.
Nous avons ainsi recensé sur le terrain un grand nombre de meules brisées et trouées ou encore apparemment intacte mais possédant vraisemblablement des imperfections qui confirment la raison de leur abandon.
En conclusion, les fouilles archéologiques réalisées par Alain Belmont en 2008 ont dévoilé un site qui fut exploité depuis l’Antiquité jusqu’au début du XIX siècle. A l’époque Mérovingienne, la production va s’intensifier, se spécialiser et la production va se développer à grande échelle.
Mais au cours du XVIIème et encore plus au XVIIIème siècle, la meulière de Claix va péricliter et subir de plein fouet la concurrence des meulières situées en Dordogne (meulières de Saint-Crépin de Richemont) et dans les Deux-Sèvres (meulières de Caunay). Au cours de leur existence, les meules des « Chaumes de Vignac produiront environ 100 000 meules et plus.
(Sources Bibliographiques : Recherches du GRAHT : Daniel Bernardin– Michelle Aillot – LARHRA : Alain Belmont - Delphine Clochard – Patrick Agard – Thibaut Gaborit –)
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