L’EXPLOITATION DU DOMAINE AGRICOLE
DES« SOURCES DE FONTBELLE »
PREAMBULE
C’est au début de l’année 2000 que l’association GRAHT visita pour la première fois le site de Fontbelle. Pousrsuivant des recherches sur la vallée des Eaux-Claires, nous avions entrepris de rechercher les réseaux de sources, les moulins et toutes autres formes d’aménagements hydrauliques en relations avec la rivière. C’est ainsi que nous avions visité le réseau de captage des sources situé en contre-bas du plateau des chaumes de Crage. Malheureusement nous n’avions pu à cette époque que voir très peu de chose, la végétation étant si dense qu’elle masquait tous les détails qui auraient pu nous intéresser. Nous en étions donc restés là et après quelques photos nous étions repartis car le site ne présentait pas un intérêt particulier.
En 2019, lors d’une rencontre avec notre ami Guillaume Veyssière, chef étoilé du restaurant des sources, nous prenions rendez-vous pour nous rendre à nouveau sur les lieux, car tout le site avait été nettoyé, déherbé et mis en valeur. C’est ainsi qu’un matin nous découvrions un site majestueux entièrement débarrassé de la forêt vierge qui l’étouffait et que nous avions observé en 2000.
Selon ses renseignements il pensait que c’était un ancien prieuré comme on le lui avait mentionné. Mais, nous lui assurions que Fontbelle n’avait jamais été le siège d’un tel édifice religieux, tout au plus, le site avait pu héberger à une époque reculée, un moine ou un autre écclésiastique dont le souvenir de ce personnage s’était imprimé dans la mémoire locale.
Toutefois nous n’avions pas exclu la possibilité qu’un établissement chrétien avait pu exister à cet endroit et nous commençâmes les recherches en bibliothèque pour explorer tous les ouvrages religieux en notre possession. Comme nous l’avions supposé, nous n’avions retrouvé aucune source bibliographique évoquant un tel sujet.
Après cela nous avons étudié le cadastre napoléonien d’Angoulême remontant au 15 février 1825 afin de rechercher la présence de ce prieuré. Puis les abréviations utilsées pour la lecture de ce précieux document nous induisirent en erreur. Mauvaise lecture ou caractères usés par le temps nous lancèrent dans une mauvaise direction et nous sommes partis à la recherche d’un moulin, compte tenu du nombre importants de captages de sources que nous avions recensé sur le terrain.
Après questionné longuement notre ami Guillaume afin de savoir si dans les bâtiments subsistaient encore des roues, meules ou systèmes mécaniques entrant dans le fonctionnement d’un moulin à eau ou à vent, nous nous retrouvions une nouvelle fois dans l’impasse après ses réponses négatives. Cela confirmait nos interrogations car nous n’avions retrouvé dans les dizaines d’ouvrages consultés aucune présence de moulin à Fontbelle. Tous les moulins recensés se positionnaient sur le cours principal de la rivière des Eaux-Claires.
La vallée des Sources de Fontbelle se trouvait alimentée principalement par les innombrables sources domestiquées par l’homme, dont les eaux dévalaient la pente, jusqu’à la rivière des Eaux-Claires, dans un plan perpendiculaire à la vallée du même nom. Les eaux de sources rejoignaient ensuite ce cours d’eau, au bas de la vallée, à hauteur du village de l’Arche, pour s’écouler ensuite en direction de l’hôpital de Girac.
Puis un matin après une relecture du cadastre napoléonien nous découvrions enfin la vérité sur le hameau des Sources de Fontbelle qui aujourd’hui abrite les gîtes du restaurant. L’ensemble des bâtiments constituait une importante métairie avec terres et dépendances.
Il ne nous restait plus qu’a réaliser l’étude du site dans sa totalité, et ce fut une réelle surprise de découvrir l’endroit, tant la beauté de ce dernier était impensable, lorsque nous l’avions abordé près de vingt cinq années plutôt.

IMPLANTATION GEOMORPHOLOGIQUE
Situation Géographique de la Vallée de Fontbelle
La vallée des Eaux Claires fait partie d’un groupe de petites vallées affluentes de la rive gauche de la Charente, immédiatement au Sud de la ville d'Angoulême. Ces combes verdoyantes, sont sub-parallèles et s’écoulent du Sud-Est au Nord-Ouest. Il s’agit des bassins, du Nord-Est au Sud-Ouest, de la Touvre, de l’Anguienne, des Eaux Claires, de la Charraud, de la Boëme et du Claix. La vallée des « Sources de Fontbelle » s’inscrit dans un plan perpendiculaire selon une orientation Nord-Est/Sud-Ouest à cette vallée. Les rivières des Eaux-Claires et de la Charreau, autre cours d’eau courant dans une vallée parallèle à celle-ci, se jettent dans la Charente à Saint-Michel, à hauteur de la cité de Chantoiseau.
Rappel sur la Géologie et la Stratigraphie
Le département de la Charente est situé, à l’exception du Confolentais (Charente limousine), dans la partie nord du bassin sédimentaire aquitain, qui s’étend depuis les Pyrénées jusqu’au seuil du Poitou, et il est limité à l’Est par le massif central. Ce bassin est constitué par une succession de couches de roches sédimentaires, d’origine essentiellement marine, déposées depuis la fin de l’ère primaire (250 millions d’années). Ces terrains forment donc, grossièrement, en surface, des auréoles de plus en plus récentes depuis les bordures jusqu’au centre du bassin. Dans cette partie nord, les terrains sédimentaires les plus anciens, qui reposent sur les terrains cristallins du massif central, sont d’âge jurassique inférieur (210 MA). C’est de cette époque donc que date la première arrivée marine de la région.
La mer va recouvrir la région pendant toute la durée du Jurassique (de 210 à 140 MA). Dans toute la partie nord du bassin aquitain, la période s’étendant 140 à 97 MA, le Crétacé inférieur, la mer s’est retirée, et aucun dépôt ne s’y est effectué.
La mer va de nouveau s’installer pendant toute la durée du Crétacé supérieur (97 à 66 MA), et les terrains essentiellement calcaires datés de cette période vont se déposer.
Au début du Tertiaire se produit la formation des Pyrénées, qui a eu pour effet d’une part, le retrait définitif de la mer, et d’autre part, par contrecoup, la réactivation de vieilles fractures du socle, d’orientation Nord-Ouest – Sud-Est, qui marquent le paysage de l’Angoumois. Cette exondation favorise l’épandage de matériaux détritiques (sables et argiles continentaux) dans les vallées, mais aussi, par transport éolien, sur les plateaux.
Les variations climatiques importantes (glaciations et périodes interglaciaires plus clémentes) du Quaternaire ont contribué à la mise en forme du paysage actuel, en sculptant les falaises et en remplissant les vallées par les matériaux issus de l’érosion.
La ville d'Angoulême se trouve située à la limite de l’extension marine du Crétacé supérieur sur les terrains jurassiques : au Nord de la Charente et de la Touvre, le Jurassique, au Sud de ces cours d’eau, les terrains crétacés.
Du point de vue de la lithologie, on observe, en remontant la vallée des Eaux Claires, la succession suivante :
-Un infime lambeau de calcaire oolithique du Jurassique supérieur (Portlandien) ;
-Dans les bas de St Michel, le Cénomanien inférieur est représenté par des argiles noires à lignite surmontées par des sables et grès glauconieux (10 m d’épaisseur);
-Des calcaires argileux et fossilifères, assez durs, représentent le Cénomanien moyen (20 m);
-L’hôpital de Girac est construit sur le Cénomanien supérieur constitué par une succession de marnes bleues, de sable et de calcaire fossilifère (10 m);
-Jusqu’à la hauteur de Puymoyen, la vallée est bordée par l’assise des calcaires d’âge turonien inférieur, blancs et gélifs, dont la base est une couche de marne bleu-vert. Ces calcaires sont ceux qui sont exploités par la cimenterie de La Couronne (35 m);
-L’amont de la vallée, jusqu’à la Brande et St Jean de Grâce, repose sur les calcaires compacts fossilifères du Turonien supérieur, dans lesquels sont creusées les grottes de Puymoyen (45 m). Cet horizon se termine par une couche d’argile et de marne grises ; Fontbelle se situe dans cette continuité, par conséquent les assises supérieures du turonien contiennent moins de rudistes et possèdent donc une meilleure dureté. La roche était donc propice à l’exploitation de carrières de meules de moulins et à la fabrication de marches d’escaliers.
J.-P Quénot écrivait en 1818 dans sa « Statistique de la Charente » les termes suivants sur l’exploitation des carrières de Crage.
« Les meules qui s’emploient dans les moulins du département de la Charente proviennent ordinairement des carrières de Crage, nom d’un vaste plateau calcaire, on en tire encore des coteaux qui s’étendent sur les communes de Claix et Roullet ».
La Formation de la Vallée
Les fractures Sud-Est – Nord-Ouest réactivées au début du Tertiaire ont tout naturellement servi de drain à l’écoulement de l’eau pluviale sur ces terrains nouvellement exondés. Différents agents ont contribué à la formation même de ces vallées :
- l’affouillement par l’eau de ruissellement, eaux de sources et de pluies ;
- la dissolution des calcaires ;
- l’effet du gel sur les parties sensibles des falaises calcaires ;
- le dépôt des éléments issus de cette érosion.
Les abris sous roche sont le résultat de l’éclatement par le gel de calcaires perméables gorgés d’eau, entre deux barrières étanches : celle du bas retient l’humidité dans la partie aquifère, celle du haut formant le surplomb. Les éclats détachés par le gel tombent au pied des falaises, formant les dépôts de pente qui scellent les traces des occupations humaines de ces abris.
La longueur de la vallée des Eaux Claires, depuis la source de la Prévalerie, jusqu’au confluent avec la Charente est d’environ 12 km. Le dénivelé entre ces deux points est de l’ordre de 70 m, ce qui fait une pente moyenne de 6 mm par mètre, ce qui est une valeur assez faible : le ruisseau des Eaux Claires est loin d’être un torrent de montagne. Par endroit, des étangs se sont formés, dans lesquels la matière organique (végétaux flottés) va s’accumuler, formant les dépôts de tourbe : un sondage a montré, en amont de la Combe au Loup, une épaisseur de tourbe de 3,8 m à la base d’une série de 16,5 m d’alluvions.
La longueur de la vallée de Fontbelle jusqu’à son confluent avec le cours d’Eaux des Claires est d’environ 400m. Le dénivelé au point le plus haut correspond à une altitude de 96,80m, au point le plus bas correspondant au confluent l’altitude n’atteint plus que 50,40m soit un dénivelé de 46m40, ce qui fait une pente moyenne de 11mm par mètres.
Tout au long de ce parcours, l’eau des sources à été domestiquée dans des bassins et des cressonnières alimentés par un système hydraulique constitué de canaux et aqueducs qui furent utilisés pour l’irrigation des cultures maraîchères.
DESCRIPTION ET ETENDUE DU SITE ARCHEOLOGIQUE
Géomorphologie et Premières Présences Préhistoriques
Les terrains crétacés de l’Angoumois n’ont pas été fondamentalement bouleversés par la formation des montagnes (Pyrénées et Alpes) au cours du Tertiaire. Ils sont donc restés essentiellement tabulaires, uniquement entaillés par les vallées, dont la formation a été décrite précédemment. La morphologie du paysage est modelée par la nature plus ou moins dure et résistante à l’érosion des couches horizontales. C’est le cas évident de l’assise supérieure du Turonien, qui constitue les plateaux d'Angoulême, de Ma Campagne, les chaumes de Crage et de La Tourette.
On a ainsi un contraste marqué entre les plateaux calcaires, secs, à végétation aride, et les vallées humides et verdoyantes.
Durant le Quaternaire, les hommes ont trouvé dans ces vallées des conditions favorables à leur installation : des ressources en eau abondantes, des protections naturelles (abris sous roches), et de la matière première pour la confection de leurs outils (les silex du Santonien se rencontrent vers Dignac). Il convient de se reporter aux nombreuses publications sur les occupations préhistoriques de la vallée des Eaux Claires.
UN PASSE PREHISTORIQUE A L’OUEST ET AU BAS DE LA VALLEE
Au début des années 2000, juste après notre premier passage à Fontbelle, un ami archéologue de l’INRAP Limousin me contacta afin de savoir si le GRAHT avait connaissance de sites archéologiques dans la vallée. Nous lui avons répondu que nous étions venus sur le site mais que nous n’avions rien repéré tant la végétation était abondante et luxuriante.
Il devait réaliser un diagnostic sur d’éventuelles installations humaines dans la vallée et comme nous avions déjà effectué plusieurs opérations ensemble, c’est tout naturellement qu’il nous contacta. Sachant que nous menions des campagnes de recherches sur le territoire charentais et que nous résidions sur Angoulême il se rapprocha de nous pour glaner quelques informations que nous n’avions pu lui fournir.
C’est ainsi qu’à notre tour, nous le contactions en 2021 afin de savoir ce qu’avait donné ses recherches dans la vallée vingt ans plus tôt. Il nous répondit qu’il n’avait absolument rien trouvé et nous en étions resté sur ces renseignements, jusqu’à ce qu’un ami de l’association, Jacques Belanger par le plus grand des hasards lors d’une conversation, nous révéla que dans sa jeunesse il avait trouvé des silex dans le bas de la vallée.
Informés par celui-ci de la présence de cette occupation humaine préhistorique, au sud du hameau des « Chaumes », nous lui avons demandé de nous montrer sa collection, car cette installation se trouvait peu éloignée et en prolongement de la vallée de Fontbelle.
C’est ainsi qu’il nous apporta son trésor constitué de neuf silex, parmi lesquels se trouvaient principalement des grattoirs et un fragment de lame.


L'industrie lithique
Cette cueillette, bien que peu importante, nous confirma que les rives de la vallée des Eaux Claires et le site les sources de Fontbelle devaient être visités régulièrement, par les hommes de la Préhistoire. Cette vallée vraisemblablement giboyeuse, qui s’achevait en cul de sac, était un piège naturel qui devait servir les projets de chasse des humains vivants à peu de distance. De plus, la rivière devait également fournir en poissons les groupes humains qui résidaient dans sa proximité.
Au regard de l’observation des pièces observées et dessinées, cette industrie lithique retrouvée en faible quantité livra des grattoirs, des perçoirs, des racloirs et un fragment de lames, qui s'inscrivent dans un contexte moustérien.

LE SITE DE FONTBELLE
Le Site Archéologique et Historique
La fondation du site de Fonbelle remonte à la fin du Haut Moyen-Âge. C’est un lieu chargé d’histoire qui fut longtemps ignoré des historiens. Losrqu’apparut au début du Xe siècle la première installation humaine, il n’existait rien qu’un lieu désertique et inhospitalier.
Cinq hommes de bonne volonté changèrent le cours des choses et plus tard le site accueillait sur ses terres, une métairie, une domestication des eaux de sources avec la création de réseau d’aqueducs et de canalisations pour l’irrigation, des bassins, des cascades et un jardin paradisiaque pour la beauté du lieu, des cressonnières, de la vigne, et une exploitation des falaises calcaires pour la fabrication de meules de moulins. Les meulières de Crage étaient réputées depuis le XVIIe siècle.
Mais l’endroit, fut également un lieu d’accueil des lépreux et au cours des longues périodes d’épidémies de lèpres et de pestes du XIIe au XVIIIe siècle qui s’ensuivirent. Il hébergea les contagieux dans la vallée et dans ces abris sous roche. Les famines qui s’ensuivirent furent dévastatrices parmi cette population de pauvres gens.
L’EVEQUE GOMBAULD ET LA FONDATION DU SITE DE FONBELLE
Le Cartulaire de l’Eglise d’Angoulême
C’est à Monseigneur l’évêque Gombauld qui siégea durant quarante trois ans sur le siège épiscopal de l’évêché de la Charente que nous devons la première mention du site historique de Fontbelle. Ce prélat (897-23/03/940) décide en novembre 916 que quiconque plantera de la vigne à moins de deux milles de l’enceinte d’Angoulême paiera à sa mense quatre deniers par an pendant cinq ans (1).
1)- Ce droit a été aboli de bonne heure. Cependant on voit toujours même au XVIIIe siècle, la plantation de la vigne soumise à des règlements.
Le cartulaire précise également les modalités d’une telle installation dans la banlieue d’Angoulême dans un texte en latin que nous reproduisons dans son intégralité suivie de sa traduction en français et qui est d’une grande importance.
« DE VINEIS SANCTI PETRI... DE CRAGIA »
(DES VIGNOBLES DE SAINT PIERRE... DE CRAGIA)
L'évêque Gombauld édicte que quiconque voudra acquérir des terres, bâtir, planter de la vigne dans les dépendances de l'église Saint-Pierre, dans un rayon de deux milles de la ville d'Angoulême, pourra y être autorisé, à la condition de servir à la dite église à partir de la cinquième année, une taxe annuelle de quatre deniers, payable en la fête de saint Pierre. Il donne cette autorisation à cinq chanoines qui veulent exercer ce droit sur une partie des coteaux de Crage. Novembre 918.
« Sanctorum decrevit auctoritas et lex romana, norma precepit (1) ut qualiscumque persona ex hereditate aeclesiarum usurpare sub censu (2), vel militare (3) voluerit, licentiam habeat faciendi et nullam calumniam pertimescat, sed in perpetuo in suo jure permaneat. et cuicumque sub ipso censu vendere vel hereditare voluerit potestatem habeat facere et testare. Propterea idcirco igitur ego Gumbaldus qui donum (4) Dei Aequalisinorum aecclesiae episcopus preesse existo, providi naufragium vel confractam potestatem sancti Petri senioris canonicae ipsius civitati (5), quomodo a paganorum persecutione potestas ipsius aecclesiae erat prostrata et a perfidis christianis erat confusa. Propterea inivi consilio cum canonicis ipsius aecclesiae vel nobilium laïcorum ut quicumque homo, sive clericus, sive laïcus, infra duos miliarios (6) circa ipsius civitatis, in ipso terraturio quod sancti Petri potestas adesse videtur, aut militare aut vineas aedificare voluerit, pro unoquoque juncto (1), similiter et pro plurimis, IIII denariis, in festivitate sancti Petri, ad potestatem ipsius aecclesiae, per singulos annos, post quinquennio transacto reddere censuimus. Pro hac vero quod nos talem decrevimus consilium, vel firmitatem, pecierunt nostram clementiam nobilissimi canonici ex congregatione ipsius aecclesiae, hoc est Frorgius et Landricus, sacerdotes, etiamque et Landricus, levita, et Gauterius, similiter scilicet et Girbertus, archipresbyter, in eodem monte quod rustice Cragia dicitur, eisque concederem ad militandum sub ipso censu superius jam dicto, seu et ad vineas construendi, quod ita et feci. In eadem quoque conventione, sicut superius insertum est, post hodiernum diem et post meum discessum et sub potestate omnibus successoribus meis, teneant et possideant et sub ipso censu faciant quicquid voluerint, nulla potestate contradicente. Et haec cessio firma atque inviolabilis permaneat cum stipulatione adnexa.Et qui hunc decretum infringere aut inquietare presumpserit in primis iram Dei omnipotentis incurrat, et a liminibus sanctorum Dei Ecclesiae sit extorris, et elemosina illius ante Dominum non sit accepta, et « oratio illius fiat in peccatum », et cum Dathan et Abiran quem terra deglutivit chaos inferni possideat, et non solum impetrata invaleant, virum (2) etiam improbus petitor XX libras auri fisco cogatur exsolvere. Gumbaldus episcopus, firmitate a me facta. Eroïgius, archidiaconus. Godinus levita. Marcellus levita. Froterius claviger sancti Petri. Adalramnus prepositus. Item, Eroïgius, sacerdos sive coraula. Islo, abbas sive claviger sancti Eparchii. Gausleno vice comite. Adalmando vicario. Data in mense novembris, anno XXV regnante Karolo (3), filio Ludovico regi. »
« L'autorité des saints et la loi romaine ont décrété la norme (1) que toute personne voulant usurper l'héritage ecclésiastique sous l'impôt (2) ou militaire (3) devrait avoir la permission de le faire et ne craindre aucune calomnie, mais devrait continuer dans son droit pour toujours. et à qui il voudra vendre ou hériter sous le même impôt, il aura le pouvoir de le faire et de témoigner. Par conséquent, donc, moi Gumbald, qui par le don de Dieu (4) préside l'évêque de l'église des Égaux, a pourvu à l'effondrement ou au pouvoir brisé de l'autorité canonique de saint Pierre l'Ancien dans sa propre ville, (5) comment le pouvoir de l'église elle-même a été anéanti par la persécution des païens et a été confondu par les chrétiens perfides. Pour cette raison, j'ai conclu un conseil avec les chanoines de l'église elle-même ou avec les nobles laïcs, que tout homme, qu'il soit clerc ou laïc, à moins de deux milles (6) du voisinage de la ville elle-même, dans le pays même où le pouvoir de saint (1) De la même manière, et pour les plus nombreux, nous avons décidé de payer 44 deniers, le jour de la fête de saint Pierre, à l'autorité de l'église elle-même, chaque année, après cinq ans écoulés. Pour cette vérité, parce que nous avions décidé d'un tel plan, ou fermeté, les chanoines les plus nobles de la congrégation de l'église elle-même, c'est-à-dire Frorgius et Landricus, prêtres, et aussi Landricus le Lévite, et Gauterius, de même, Girbertus, le archipresbytre, sur la même montagne On l'appelle rustiquement Cragia (Crage), et je leur accorderais de servir sous le même recensement comme déjà mentionné ci-dessus, ou aussi de construire des vignobles, ce que j'ai fait. Dans le même accord aussi, comme il a été inséré ci-dessus, après ce jour et après mon départ et sous l'autorité de tous mes successeurs, qu'ils tiennent et possèdent et sous le même recensement fassent ce qu'ils voudront, sans qu'aucun pouvoir les contredise. Et que cette cession reste ferme et inviolable avec la stipulation ci-jointe. Et quiconque présume de violer ou de troubler ce décret encourt la colère de Dieu Tout-Puissant en premier lieu, et il est banni des seuils des saints de l'église de Dieu, et son aumône n'est pas acceptée devant le Seigneur, et "sa prière devient péché ", et avec Dathan et Abiran que la terre a engloutis, laissez le chaos de l'enfer s'installer, et non seulement les gains sont invalidés, le mari (2) aussi le demandeur impie est obligé de payer 20 livres d'or au trésor. Monseigneur Gumbald, avec une fermeté faite par moi. Eroïgius, archidiacre. Godinus levitas. Marcellus le Lévite Clavier de Saint-Pierre Préfet d'Adalramnus. Aussi, Eroïgius, prêtre ou chœur. Dans ce cas, l'abbé ou clavier du saint éparche. Comte Gauslen à son tour. Adalman le vicaire. Donné au mois de novembre, l'an 25 du règne de Charles (3), fils du roi Louis. »
(1) Ce rappel de la tradition apostolique et de la loi romaine, se retrouve dans plusieurs chartes, mais dans quelques-unes, abrégée et laissant quelques mots sous-entendus.
(2) Cette expression usurpare sub censu, vise plutôt une acquisition régulière qu'une usurpation.
(3) Probablement pour limitare, se clore.
(4) Pour dono.
(5) Pour civitatis.
(6) Dans un rayon de deux milles. Le mille romain était de mille pas major de cinq pieds chacun.
Dans un autre fragment de texte on retrouve la trace de deux des cinq chanoines mentionnés dans le cartulaire, qui précise que ces « simples chanoines prébendés » paraissent dans les documents en novembre 923 pour Frorgius (Frorge) prêtre et Landricus (Landrie), lévite.
Les autres membres de la communauté n’apparaissent pas.

LA PREMIERE OCCUPATION HUMAINE PERMANENTE DU SITE DE FONTBELLE, DES LE Xe SIECLE
L’Installation Médiévale
Cette première installation du site fut agricole. L’évêque Gombaud était suffisamment clair dans ses propos quand il souligne que ceux qui souhaitent acquérir des terres doivent le faire pour bâtir, ou aussi construire des vignobles et planter de la vigne.
Il est fortement probable que cet établissement monastique éleva une construction pour habiter sur le site et que cette habitation fut la première métairie de Crage ou des « Sources de Fontbelle » qui traversa le temps et se transforma au gré des siècles.
Il est également plausible de penser qu’ils ne plantèrent pas que de la vigne et qu’ils se firent aussi jardinier/maraîcher. Lorsque l’on observe la physionomie générale de la vallée on retrouve, côté est, dans la courbe qui constitue l’origine de la vallée des traces de cultures en terrasses. Il en est de même sur le flanc sud.
Si les bâtiments qui constituent la ferme agricole, transformée en gîtes, que nous connaissons aujourd’hui en ce XXIe siècle, il est probable qu’il existait des aménagements beaucoup plus anciens qui demeurent sur le site. La grande terrasse où se trouvent les gîtes, ainsi que le muret parapet et l’immense escalier qui descend dans la vallée où réside le grand bassin ainsi qu’un autre escalier positionné en face du précédent qui mène dans une grotte où se positionne un petit bassin, sorte de baptistère, où nous avons répertorié des croix chrétiennes, sont très anciens. D’ailleurs si l’on se place sur le chemin en haut de la vallée, ce qui frappe immédiatement le regard c’est que les escaliers, le bassin et le réseau d’aqueduc qui achemine l’eau vers la rivière des Eaux-Claires dessinent une immense croix latine immense. Cela n’évoque-t-il pas la première présence monastique ?
Ce n’est pas les seuls indices qui rappellent cette occupation religieuse. En effet dans l’encadrement de la porte qui s’ouvre près de la barrière rocheuse où perlent les sources derrière les gîtes et le bassin d’agrément de l’habitation, nous pensons que les moines pratiquaient l’hospitalité aux pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle qui se rendaient à l’abbaye de La Couronne.
Nous avons retrouvé plusieurs graffiti laissés par les jacquets en différents endroits du site, sur les bâtiments, mais aussi dans la grotte-baptistère, installée au Sud.
De plus en suivant le chemin qui file vers l’ouest, subsiste toujours les ruines d’un vaste bâtiment longitudinal appuyé contre la barrière rocheuse. Plusieurs écoulements de sources suintent encore de la roche calcaire. Nous pensons que ce vaste local devait servir au nettoyage et au lavage des légumes déterrés des parcelles en culture.
LA METAIRIE DE FONTBELLE ET SES DEPENDANCES
Lorsque l’on observe le cadastre napoléonien de 1825, on constate que celui-ci présente des incohérences. En effet le géomètre a modifié l’emplacement et le nombre de bâtiments concernant la métairie. Sur le premier dessin on aperçoit deux longs corps de bâtiments éloignés comme on peut l’admirer de nos jours et que l’on retrouve sur le second plan, mais sur le troisième relevé du géomètre, la propriété s’est agrandie et ce sont trois corps de bâtiments qui apparaissent rassemblés ensemble, dans un plan décalé vers le bas.
Le long bâtiment perpendiculaire à la métairie qui existe toujours de nos jours à l’écart, a quant à lui disparu de son relevé. A notre époque il subsiste sur le site, le corps de logis de l’ancienne métairie, la petite bâtisse positionnée après le bassin d’eau, la ruine d’un long édifice disparu mais aux fondations visibles sur le sol, la tourelle et au fond de la propriété à l’est le long corps de bâtiment rectangulaire et perpendiculaire au groupe Logis-Gîtes/Métairie. Peut-être abritait t-il les étables des bestiaux de la métairie.
FONTBELLE, UN LIEU D'HEBERGEMENT ET DE SOINS POUR LES PELERINS DE SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE
Nos investigations sur le site historique nous ont apporté des renseignements particulièrement intéressants sur son histoire. Nous étions loin de penser que des jacquets s’arrêtaient à Fontbelle, néanmoins nous avons dû nous rendre à l’évidence lorsque nous avons relevé sur le site les traces gravées sur les murs des bâtiments. Ces mêmes graffiti que nous avons souvent l’occasion de relever lors de nos recherches sur le thème du pèlerinage jacquaire en France et en Europe.
Le modeste bâtiment qui borde le petit bassin recevant les eaux des sources perlant à l’arrière du Logis/Gîte, fut le témoin privilégié des pèlerins. C’est sur le chambranle de la porte d’entrée que se positionnent deux magnifiques « Pas ou Semelle de Pèlerin », une croix au tracé double et probablement un autre graffiti représentant un petit personnage qui nous semble être un pèlerin de passage.

Plus loin sur un autre support, nous pensons voir un petit édifice sur lequel est tracé une petite croix latine devant lequel se trouve debout un autre personnage, probable pèlerin tenant un bourdon dont on devine le tracé et le nœud au-dessus de la tête du jacquet. Plus loin, un graffiti laisse songer à une besace.
Sur un autre bloc tracé à la mine de plomb se remarque une silhouette dont le vêtement, une longue pèlerine dévoile une besace, pendant et reposant sur le tissu.
Une petite croix latine se dévoile également sur un bloc isolé. Sous l’abri sous roche renfermant un grand bassin qui nous laisse supposer l’existence d’un baptistère, nous avons relevé la présence de plusieurs croix latine gravées dans la roche, dont l’une semble associée à un petit personnage, moine ou pèlerin de Saint-Jacques, au tracé abîmé par le temps.
Egalement reconnu sur un des blocs de la porte du petit bâti bordant le bassin du logis, un tracé à la mine de plomb, montre un bourdon de pèlerin humanisé. Le nœud supérieur est couvert d’une capuche comme la pèlerine portée par les jacquets. Ce graffiti mesure une dizaine de centimètres. Nous avons souvent observé ce type de représentation sur les murs de l’église Saint-Eutrope de Biron, à l’Hôpital Neuf de Pons dans la salle des malades, Saintes Cathédrale Saint-Pierre, etc…
Il est probable que cette vocation d’hébergement des pèlerins et éventuellement des soins qui pouvaient leur être prodigués remonte à une date très ancienne et peut être même dès l’origine de l’occupation monastique du site au Xe siècle, date à laquelle commença véritablement le pèlerinage compostellan. Nous pouvons toutefois avancer comme date de passage des pèlerins au XIIe siècle car cela correspond à l’image du graffiti représentant la chausse gravée sur l’encadrement de la porte du petit bassin installé entre les gîtes et le petit habitat. Mais nous ignorerons toujours combien de temps durera ce bienfait apporté aux pèlerins et quand cela s’est-il arrêté. Nous pouvons seulement avancer l’hypothèse que l’occupation monastique commença au Xe siècle et s’acheva vraisemblablement au XVIIIe siècle, au moment de la Révolution. Mais nous évoquerons cette possibilité avec le paragraphe suivant, se rapportant à cette longue occupation religieuse du site.
Les Prises d’Empreintes des Graffiti de Pèlerins
Suite à notre observation des murs des bâtiments de l’ancienne métairie, nous avons procédé à la prise d’empreintes des motifs que nous supposions deviner sur les pierres des édifices.
Il fut donc réalisé onze empreintes de ces gravures rupestres. Une fois démoulée, les plaques de plâtre séchèrent environ trois semaines avant que l’on procède au traçage des dessins.
A notre grande surprise, tous les moulages livrèrent uniquement des sujets évoquant le pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. Nous avons donc des reproductions de pèlerins, isolés ou en groupe, certains avec bourdon, des « Pas ou Semelles de pèlerins » en grand nombre, une besace, une coquille Saint-Jacques, une ampoule de pèlerin et plusieurs croix latines. Ce furent en tout, onze plaques qui furent réalisées, sur le site.
Les motifs, pour quelques sont dans un parfait état de conservation. Les artistes, pour certains étaient très habiles et savait tracer correctement le motif qu’il gravait sur la roche. D’autres graffiti sont plus grossiers et les détails moins précis. La qualité du trait correspond au degré d’habileté de l’auteur de la figurine représenté.
Néanmoins, les personnages dessinés sont nettement identifiables par leurs attributs de pèlerins. Les pas sont plus ou moins bien tracés et les attributs comme les bourdons, la coquille Saint-Jacques, la besace et l’ampoule de pèlerins sont assez précis pour être reconnaissables.
Cette découverte était totalement inattendue, car nous étions loin de supposer que les moines résidant sur les lieux avaient pu pratiquer au cours de l’histoire, l’hébergement au « Source de Fontbelle » Passant par le plateau des chaumes de Crage, nous avons aujourd’hui la certitude que les jacquets, s’arrêtaient pour se reposer, se restaurer et se faire soigner à la métairie, devenue un gîte touristique. Les moulages que nous avons exécutés sont la preuve de leur séjour sur le site.
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L’OCCUPATION MONASTIQUE DE FONTBELLE A TRAVERS LES SIECLES
Fontbelle, « Terre d’Accueil, d’Asile et Refuge pour les Malheureux »
Comme nous l’avons déjà précisé, la première occupation médiévale du site des « Sources de Fontbelle » remonte au Xe siècle. C’est à Monseigneur l’évêque Gombauld que nous devons l’installation « des chanoines les plus nobles de la congrégation de l'église elle-même, c'est-à-dire Frorgius et Landricus, prêtres, et aussi Landricus le Lévite, et Gauterius, de même, Girbertus, le archipresbytre, sur la même montagne On l'appelle rustiquement Cragia (Crage) » et qu’il leur accorda « de servir sous le même recensement comme déjà mentionné ci-dessus, ou aussi de construire des vignobles, ce que j'ai fait ».
Cette installation fut vraisemblablement très sommaire et rustique à l’origine. Il est probable que nos moines vécurent au début de celle-ci, dans les grottes et abris de la falaise. Ce n’est que plus tard que les premières constructions apparaîtront. Avec le temps, cette modeste communauté et ses aménagements agricoles furent perçus dans l’esprit de la population locale comme la création d’un prieuré, modeste colonie de religieux qui résidaient dans cet endroit à l’origine désertique. Il est probable que ces chanoines n’avaient pas le service paroissial à gérer.
« L’abbé Blanchet, au Moyen-âge, dit « …En ces temps, il faut le dire chaque abbaye, chaque, grand monastère, était le centre de presque toutes les industries relatives au besoin de l’homme ; tous les métiers nécessaires y étaient exercés ; mais l’agriculture surtout y était en honneur. Le moine, au prix de labeurs incessants, défrichait, les landes, desséchait les marais, canalisait les rivières et faisait germer d’un sol jusque là stérile, d’opulentes moissons, qui suffisaient à sa nourriture et celle des pauvres de la contrée. Rappelons-nous aussi ces moulins établis en tant d’endroits, souvent sur les moindres cours d’eau et dont la direction est confiée à quelque honnête et habile frère lai, décoré parfois du titre de précepteur….. »
C’est ainsi que petit à petit Fonbelle et ses sources sous l’action quotidienne des moines se développa dans les domaines de la culture et de la création de son vignoble. Ce furent probablement, les moines de l’Abbaye de La Couronne qui jouissant de la tutelle territoriale de la région depuis le XIIe siècle jusqu’aux guerres de Religions entreprirent les premiers travaux importants sur nos cours d’eau.
A Fontbelle, les sources coulant en abondance des anfractuosités de la barrière rocheuse à l’arrière de la métairie/gîtes actuel, il est probable que les cinq moines domestiquèrent ces eaux afin de les utiliser pour leurs cultures maraîchères.
Puis le temps s’écoula au rythme des saisons et des récoltes. Ce n’est qu’au tout début du XIVe siècle, en 1308 que l’on retrouve une mention se rapportant aux « Vignes de Crage ». Parmi les chapelains de l’évêché, un certain « Pierre Outan », légua dans son testament à l’abbesse de Saint-Ausonne, ses vignes de Crage ainsi que d’autres possessions lui appartenant.
Un indult du 9 Mars 1454 de l’abbé de Saint-Cybard, autorise en 1456 et les années suivantes, les religieux prendre à ferme des domaines de l’abbaye, ce qui n’avait été jusqu’ici le fait que de laïques ou de clercs séculiers. Ils se font même les fermiers des biens des abbayes voisines.
Puis en 1502, le 1er avril, la peste fait son apparition à Angoulême associé à un autre fléau, la disette. Les malheureux qui ont été expulsés de la cité se sont regroupés dans les faubourgs, mais le corps de ville les trouvant trop près les évacue encore plus loin pour les loger sur les terres de madame la comtesse, par- delà la garenne de Crage, dans les chaumes surplombant la vallée des Eaux-Claires. Les chaumes de Crage, les grottes de Saint-Marc au village du Lyon, sur les bords de l’Anguienne et vers la Font Chauvin à l’Isle d’Espagnac probablement en contrebas et sur le plateau de Saint-Roch menant à la Font Chauvin où se réfugiaient déjà les lépreux, vont accueillir cette nouvelle vague de malheureux. Des malades que l’on avait envoyés dans les « Chaumes de Crage » ont tenté de rentrer chez eux, mais le corps de ville les expulsera à nouveau.
Au printemps 1512 et jusqu’en 1540, c’est la lèpre qui décimera à son tour la population. En 1548, durant l’épidémie de peste, l’évêque fait venir de ses fermes du blé pour les aumônes afin de nourrir ces misérables mourant de faim. Il faudra attendre l’année 1560 pour le fléau de la peste s’éloigne définitivement. Elle reviendra vingt cinq ans plus tard, en mai 1585. Crage abritera de nouveaux les pestiférés d’Angoulême.
« Pour discerner les pauvres ordinaires avec d’autres, on demande qu’il soit cousu et appliqué sur l’épaule gauche de chacun des pauvres, une croix de la couleur de chacune des paroisses, qu’ils ne devront pas retirer de leurs loques et ni mendier après avoir reçu ladistribution de l’aumône sous peine de fouet ».
Ces calamités dureront jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Les propriétaires des terres ne tirent plus aucun revenu de leurs biens de fermage, la misère touche toutes les couches de la société, sauf les plus hautes sphères du royaume. La plus grande partie des habitants mangent des racines, des fougères, des herbes, des châtaignes gâtés par les gelées, ainsi que du blé noir. Les « Chaumes de Crage » et les « Sources de Fontbelle » ne ressemble plus qu’à un désert à la végétation constituée de fougères, d’arbustes sauvages et malingres, de haies, de broussailles et de bois.
Au XVIIe siècle, le hameau de Crage ne compte qu’une faible population constituée de maraîchers, laboureurs à bras, tanneurs, tisserands. Ces habitations sont des fermes possédant généralement un étage.
L’aumônerie Saint-Pierre créée dans la seconde moitié du XIe siècle et qui se trouvait au nord et près de la cathédrale d’Angoulême, fait mention des vignes de Crage. Bien qu’on ne connaisse pas la date de sa fondation elle apparaît en 1063, puis entre 1562 et 1568, elle mentionne dans son terrier qu’elle possède encore en 1640, quelques rentes, dont les mas de Puygaty et un autre sous Crage.
C’est l’une des premières mentions ou il est rapporté l’existence de la métairie dite « Mas de Crage ». Dans le diocèse d’Angoulême, ce type d’habitation agricole était modeste, mais généralement pourvu de belles dépendances, métairie, cour, jardin, pré, vignes, source, fontaine et bassin, ce qui correspond parfaitement aux installations et à la description du logis des « Sources de Fontbelle » et ses dépendances.

Au Moyen âge on ne parlait que de moulins à blé ou à huile. Il y avait en 1656, 5 moulins sur la vallée des Eaux Claires. Moulin De Chamoulard, Moulin du Verger, Moulin de Bresmond qui deviendra Moulin de Montbron, Moulin de Chantoiseau, et Moulin de Rochefort. C’est vraisemblablement dès cette époque que commencera l’exploitation des carrières des « Chaumes de Crage » et de ses meulières pour approvisionner les moulins en meules.
A partir du XIVe siècle ce mode de vie en communauté disparaîtra, d’abord sous la domination anglaise puis avec les Guerres de Religions. La Révolution ruinera définitivement ces modes d’exploitations agricoles gérés par des congrégations religieuses.
Le dernier prêtre connu à Fonbelle, sera déporté en 1791 sur les pontons de La Rochelle.
Aujourd’hui, en ce premier quart du XXIe siècle, le site a retrouvé cet aspect enchanteur qui devait être le sien avant ces malheurs et où au-dessous duquel coule une rivière. Le bruit des cascades et l’écoulement des eaux de sources font oubliés les misères que ce prieuré-ferme, connus au cours de son passé.


LES « SAUVO », UNE FAMILLE VOUEE A LA RELIGION CHRETIENNE
Il faudra attendre le XVIIe siècle, pour retrouver une nouvelle mention d’un ecclésiastique ayant vécu au « Source de Fontbelle ». Issu d’une famille vouée au « Christ », nous avons recherché dans le « Pouillé de l’abbé Nanglard » combien de religieux avaient résider sur le domaine de la métairie.
Après avoir compulsé tous les tomes du vicaire de l’évêché et de multiples ouvrages écrits par d’autres auteurs, nous n’avons retrouvé qu’un seul chanoine qui ait poursuivi l’œuvre des cinq premiers colons qui s’installèrent à Fontbelle.
Mais lors de ces recherches nous avons eu la surprise de constater qu’un nom de famille revenait régulièrement à partir du XVIIe siècle et cela jusqu’au XVIIIe siècle. Cette famille du nom de « SAUVO » donna à l’évêché de la Charente, dix hommes d’église. Le port de l’habit pour certains dévoilait la fonction cléricale qu’il occupait, prêtre, aumônier, vicaire ou chanoine.
Nous ignorons leur région d’origine même si pour le dernier d’entre eux nous savons qu’il était né à Rougnac dans le sud-est Charente.
Le premier Sauvo à faire son apparition, desservait la paroisse de Vilhonneur entre 1645 et 1647. Nous ne connaissons pas son prénom ni sa date de naissance et de décès. Nous ne possédons aucune autre information à son sujet. Il figure dans le tome II du Pouillé de l’abbé Nanglard – Paroisses et Chapellenies, page 323.
Le second se nomme Jean Sauvot. Nous n’avons pas d’autres informations civiles sur sa personne. Il semble avoir été en fonction dans la paroisse d’Orgedeuil en 1660, où il resta quelques années semble-t-il, puis il fut déplacé dans celle de Montbron de 1669 à 1678, pour revenir à Orgedeuil jusqu’en 1693.
Il semble avoir été également dans la paroisse de Vilhonneur pendant un temps. Il figure dans le tome IV du Pouillé de l’abbé Nanglard – Paroisses et Chapellenies, page 323.
Le suivant, Antoine Sauvo, officia dans la paroisse Saint-André, en 1671. Il est probable qu’il s’agit de l’église Saint-André d’Angoulême. Il est signalé dans le tome II du Pouillé de l’abbé Nanglard – Paroisses et Chapellenies, page 24.
Jacques Sauvo (1701-1712). Son parcours fut très rempli. On le trouve dans un premier temps dans la paroisse Sain-Martial, probablement d’Angoulême, puis dans celle de Saint-Médard à Ruelle. Entre 1691 et 1695, il est vicaire à l’évêché. Quelques temps plus tard il desservira les paroisses de Torsac, en 1709, Champniers en 1710 et Puymoyen en 1711. Il est cité dans le tome II et le tome IV du Pouillé de l’Abbé Nanglard Pouillé - Tome II – Paroissses-Chapellenies – P : 46-241-391-406-422.
Le prochain membre de la famille nous révèle qu’il est né en 1703 et que son décès date de 1748. Au cours de sa courte vie, il se rendra à dans les paroisses de Marillac le Franc et Juillaguet où il résidera en 1722, 1729, et 1734. Il est signalé dans le tome II du Pouillé de l’abbé Nanglard – Paroisses et Chapellenies, page 365.
Nous n’avons que peu de renseignements sur le suivant, Léonard Sauvo. Nous avons une date, celle de 1715, sans pouvoir en dire plus. Il occupa les chaires de Saint-Sulpice de Mazières, dans l’est de la Charente, puis il partit à l’opposé du département où il desservit la paroisse d’Eraville, près de Châteauneuf. Il est mentionné dans le tome II du Pouillé de l’abbé Nanglard – Paroisses et Chapellenies, pages 123 et 146.
Joseph Sauvo, nous apporta également que peu de renseignements à son sujet. Il apparaît dès 1729 jusqu’en 1734, puis une nouvelle fois dans la paroisse de Saint-Claud entre 1734 et 1774. Il est cité dans le tome II du Pouillé de l’abbé Nanglard – Paroisses et Chapellenies, pages 19 et 200.
Joseph Sauvo, eut un destin un peu différent des autres membres de sa famille. Il était aumônier de l’Hôtel Dieu à Angoulême. On le retrouve mentionné à de nombreuses fois au cours du XVIIIe siècle. Il apparaît à maintes reprises en 1729, 1769, 1772 et 1786. Il est mentionné dans le tome II, du Pouillé de l’abbé Nanglard « Couvent, séminaires, aumôneries et hôpitaux », pages 515 et 568.
Jean Sauvo du Sablon, apparaît sous la Révolution Française et n’est pas mentionné dans les textes charentais. Interné dans un premier temps sur le Washington, il sera ensuite libéré, à une date inconnue pour une raison que nous ignorons, mais peut être a t-il fini par prêter serment.
Enfin, le personnage qui nous intéresse particulièrement est Jean-François Sauvo, car il est le dernier chanoine connu a avoir eu un lien avec « Fontbelle ». Né en Rougnac, il est installé au vicariat de chœur le 02 septembre 1786. Il est titulaire d’une semi-prébende. Ce revenu était attribué à des chanoines désignés sous le nom de vicaire. Il n’avait droit qu’à une demi-voix aux assemblés du chapitre. Cette rétribution lui était versée pour sa subsistance et en compensation du ministère accompli. Les prébendes disparurent en France à la Révolution.
Dans les textes, il est dénommé « Jean-François Sauvo de Fontbelle ». Cette dénomination de « Fontbelle » accolée à son nom désigne le lieu et les terres en sa possession, la métairie, ses dépendances, ses terres cultivables, ses vignes des coteaux de la vallée et des Chaumes de Crage.
Jean-François Sauvo était encore en fonction en 1791. Mais la Révolution va l’engloutir. Refusant de prêter serment à la Révolution, il sera déporté sur les pontons du washington et décédera sur l’île Madame des suites des mauvais traitements de ses tortionnaires et peut être de maladie à l’Hôpital installé sur l’île.
Avec lui s’éteindra définitivement l’occupation écclésiastique des « Sources de Fontbelle et des Chaumes de Crage ».
LE « WASHINGTON »
C’est sur ce navire concentrationnaire que Jean-François Sauvo de Fontbelle, sera incarcéré avec bon nombre de ces coréligionnaires.
Au début de la Révolution Française, et lors des Etats Généraux, le haut clergé cependant se trouva largement minoritaire alors que le bas clergé représenté par de simples curés de campagne qui étaient surtout acquis aux idées nouvelles. Lors de la nuit du 4 août 1789 le clergé avait été obligé de renoncer, à la perception de la dîme. La constitution civile du clergé, édictée par la loi du 27 novembre 1790, va entraîner des troubles dans tout le pays.Dès le mois de mai 1791, les premières restrictions sont proclamées (éloignements des prêtres réfractaires, fermeture d’oratoire, interdiction de célébrer la messe, premières condamnations, incarcérations, déportations).
Par un arrêté du comité de salut public publié le 25 janvier 1794, il est ordonné le rassemblement de tous les prêtres réfractaires. La convention qui vient d’abolir l’esclavage le 04 Février 1794 décide finalement le transfert des prisonniers et de les entasser à bord de deux anciens navires négriers, « Les Deux Associés et le Washington ». Sur ces deux bâtiments vont embarquer, 829 religieux, prêtres et religieuses.
Ces navires à fond plat, jusqu'alors utilisés pour la traite des noirs et le transport de la chaux et du charbon, vont devenir de véritables mouroirs où les prêtres vont périr dans d’attroces souffran
Dans un premier temps, il est envisagé de les envoyer en Guyane et sur l’île au Diable, mais cette idée est abandonnée. Les bateaux sont conduits en mer près de Rochefort, au large de « l'île Citoyenne » (aujourd’hui l’île Madame), de l'île d'Aix et de Port-des-Barques, dans l'attente de nouvelles consignes.
Le commandement de ces embarcations fût assuré par Laly pour les Deux-Associés et Gibert pour le Washington. Le calvaire des prisonniers va commencer. Soumis à des brimades quotidiennes, (pas de prière, injures, menaces, brimades physiques, tortures, nourriture infecte, rationnement draconien, pas de conversation), les conditions de détentions sont telles que bientôt des épidémies se déclarent à bord. Le scorbut et le typhus font bientôt des ravages dans cette population de malheureux. La mort elle-même devient une épidémie.
Craignant que l'épidémie ne progresse, la population se plaint auprès des autorités qui font alors enterrer les morts dans les vases autour de Fort Lupin, Fort Vasoux, Port des Barques et l'île d'Aix.
Les capitaines des navires reçoivent l'ordre de débarquer leurs malades sur l'île Citoyenne, l'actuelle Ile Madame, où un hôpital de campagne est installé à la hâte. Il se composera de huit vastes tentes mais cela sera insuffisant et nombreux seront les religieux à disparaître. Le jour de l’Assomption, ils rebaptiseront l’île « Sainte Marie ».
C’est dans cet univers impitoyable que Jean-François Sauvo va mourir. Il décédera le 16 octobre 1794.

LES RELEVES DE NIVELLEMENT DU RESAU HYDRAULIQUE DE LA VALLEE DE FONTBELLE
Sur le plan cadastral figurent plusieurs points géodésiques. Il n’a pas été possible d’obtenir les calculs du géomètre pour rattacher notre travail aux cotes faisant référence aujourd’hui, c’est pourquoi, nous avons calculé une cote de départ approximative sur le site internet de « géoportail ».
Notre point zéro est une pierre blanche carrée, comportant une croix gravée sur le dessus et située en bout du bâtiment ancien, marqué sur le plan à la cote 73.00m.
Le site, dans son état actuel, ne semble pas avoir subi de transformation majeure.
Seule l’ouverture de l’entrée avec une allée sablée, en surplomb du bassin trapézoïdal a modifié légèrement cette partie est du site.
L’escalier d’accès au bassin trapézoïdal présente un dénivelé d’un peu plus de six mètres, le bassin étant le point bas de cette zone. A l’opposé, l’escalier d’accès au baptistère sous roche, accuse une remontée de presque trois mètres.
Le dénivelé global et régulier entre l’entrée du bassin trapézoïdal et le fil d’eau de sortie des cressonnières a été mesurée à 14.30 mètres.
Les eaux des sources situées à l’arrière de l’hôtel sur la paroi rocheuse, ont été captées dans un petit bassin à la fois décoratif, mais servant aussi de régulation. A sa sortie, les eaux sont canalisées dans un aqueduc enterré et acheminées jusqu’à un petit bassin circulaire décoratif, construit à gauche de l’escalier d’accès au bassin trapézoïdal, accolé au mur de soutènement. Son niveau de résurgence se situe à la cote 69.96m. A leur sortie du bassin, les eaux reprennent un cheminement naturel vers le bassin réceptacle intermédiaire, avant les cressonnières.
Les relevés de niveau ont été effectués en février et mai 2021, par Daniel Audoin ancien opérateur-géomètre diplômé, Jean-Yves Clavel porte mire, Christian Plaisance, Jean Ben Aomar, puis Jean-Louis ELIE, qui était également opérateur-géomètre.


LE RESEAU HYDRAULIQUE DES SOURCES DE FONTBELLE
Le Captage des Sources Médiévales et ses Aménagements Domestiques près des Gîtes de l’Ancienne Métairie de Fontbelle
Ce réseau toujours actif se positionne à l’arrière de l’ancienne métairie-gîtes du restaurant des « Sources de Fontbelle. Plusieurs aménagements de style roman servent de décor au captage de cinq sources qui jaillissent par des anfractuosités de la barrière rocheuse qui constitue le plateau des Chaumes de Crage.
L’eau de ces captages ruisselle au pied des sources pour se répandre ensuite dans une rigole qui s’écoule vers le pied de la falaise pour rejoindre un sixième captage qui se déverse dans un petit bassin et dont l’eau se répand dans une canalisation creusée grossièrement dans le sol calcaire, sur le côté de l’habitation où est construit un joli petit bassin.
Ce dernier réceptacle ainsi que sa rigole de descente a été creusée par l’homme. L’eau est ensuite dirigée par un étroit caniveau dans le bassin d’agrément, au charme discret, embelli par des bambous et plantes d’eau donnant un charme particulier à ce lieu.
Le bassin se divise en trois compartiments. Un premier réservoir, le plus vaste et le plus proche de l’ensemble des captages des sources d’eau, reçoit la totalité des liquides qui ensuite aliment un second bassinet, sorte d’auge plantée de bambous. Celui-ci doit servir de désableur, puis elle une fois purifié, l’eau s’évacue dans un petit timbre où à partir duquel elle poursuit son cours en souterrain sous forme d’un aqueduc qui traverse obliquement la terrasse des gîtes.
Ceci est le premier tronçon du réseau hydraulique du site, vraisemblablement créé à une époque très lointaine. Il n’est pas impossible que les premiers moines soient à l’origine du projet et qu’ils furent les constructeurs de ce réseau qui aurait pu être élaboré vers le XIIe siècle, car l’eau fut indispensable à leur installation dès novembre 918 jusqu’à 1791.

La Construction du Réseau et l’Architecture des Captages
La réalisation de ce réseau se déroula vraisemblablement sur plusieurs siècles. Au début ce fut très certainement aux abords de la métairie qu’ils portèrent leur attention et leurs efforts.

Les Ouvrages d’Art des Captages de Sources des Gîtes
Ils se présentent comme des petites baies romanes. Un mur de soutènement des terres de la falaise fut édifié probablement au moment de la construction des bâtiments d’habitation. On retrouve le même principe de construction dans les murs du gîte. Ce muret et ces captages furent vraisemblablement élevés ensemble, car la porte permettant d’accéder aux cinq sources est incorporée à celui de la demeure. Le mur de soutènement s’étire sur 13,12m et sa hauteur s’élève à 2m. Le matériau est composé uniquement de pierres calcaires sans maçonnerie. Elles forment des rangées à peu près régulières et leur calibrage est homogène.
Les ouvertures possèdent toutes des dimensions équivalentes. Leur hauteur sous voûte se situe entre 0,85m et 1,19m. La plus éloignées de la porte fait 1,02m, la seconde, 1,12m, la troisième, 1,07m, la quatrième et la plus petite, 0,85m et enfin celle près de la porte, et la plus grande, 1,19m. Les largeurs sont inégales et montrent de grande différence entre la plus large et la plus modeste, soit de 0,52m à 0,95m. Il en est de même pour les profondeurs des captages, dont trois sont de 1,20/1,25m, une autre de 0,97m et celle du fond qui s’enfonce de 1,60m vers l’intérieur de la barrière rocheuse. Les arches et leur voûte ont fait l’objet d’une attention particulières pour leur élévation et montre une certaine esthétique.
La plateforme qui accueille le bassin est parfaitement plane. Elle à pour dimensions, 7,37m de long sur 6,45m. Le bassin est probablement creusé dans le rocher. Il bordé par une ceinture constituée de blocs parfaitement équarris. Le fond est recouvert d’un pavage qui n’a pas souffert ni subi malgré le temps, de déprédations. Le désableur semble être une sorte d’auge de 1,50m de long sur 0,75m de large. Il a pour dimensions 2,53m de largeur 3,05m de long. Il est posé sur le fond est percé d’un trou pour laisser l’eau s’écouler dans le bassin suivant, plus petit.
Depuis le dernier captage qui se trouve en face du grand bassin, une rigole creusée grossièrement dans le sol qui s’étire sur 2,70m de long. La profondeur de celle-ci atteint 8cm.
Ensuite le réseau s’éloigne en souterrain sous la terrasse-plateforme où sont aménagés les gîtes. Cet aqueduc souterrain mesure environ 4,50m de long. Ensuite il plonge dans la source captée qui est une grande retenue en forme de cuvette naturelle qui se trouve sous le grand mur qui soutient la plateforme où se trouvent les gîtes.


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Les Ouvrages d’Art des Captages de Sources des Gîtes
Ils se présentent comme des petites baies romanes. Un mur de soutènement des terres de la falaise fut édifié probablement au moment de la construction des bâtiments d’habitation. On retrouve le même principe de construction dans les murs du gîte. Ce muret et ces captages furent vraisemblablement élevés ensemble, car la porte permettant d’accéder aux cinq sources est incorporée à celui de la demeure. Le mur de soutènement s’étire sur 13,12m et sa hauteur s’élève à 2m. Le matériau est composé uniquement de pierres calcaires sans maçonnerie. Elles forment des rangées à peu près régulières et leur calibrage est homogène.
Les ouvertures possèdent toutes des dimensions équivalentes. Leur hauteur sous voûte se situe entre 0,85m et 1,19m. La plus éloignées de la porte fait 1,02m, la seconde, 1,12m, la troisième, 1,07m, la quatrième et la plus petite, 0,85m et enfin celle près de la porte, et la plus grande, 1,19m. Les largeurs sont inégales et montrent de grande différence entre la plus large et la plus modeste, soit de 0,52m à 0,95m. Il en est de même pour les profondeurs des captages, dont trois sont de 1,20/1,25m, une autre de 0,97m et celle du fond qui s’enfonce de 1,60m vers l’intérieur de la barrière rocheuse. Les arches et leur voûte ont fait l’objet d’une attention particulières pour leur élévation et montre une certaine esthétique.
La plateforme qui accueille le bassin est parfaitement plane. Elle à pour dimensions, 7,37m de long sur 6,45m. Le bassin est probablement creusé dans le rocher. Il bordé par une ceinture constituée de blocs parfaitement équarris. Le fond est recouvert d’un pavage qui n’a pas souffert ni subi malgré le temps, de déprédations. Le désableur semble être une sorte d’auge de 1,50m de long sur 0,75m de large. Il a pour dimensions 2,53m de largeur 3,05m de long. Il est posé sur le fond est percé d’un trou pour laisser l’eau s’écouler dans le bassin suivant, plus petit.
Depuis le dernier captage qui se trouve en face du grand bassin, une rigole creusée grossièrement dans le sol qui s’étire sur 2,70m de long. La profondeur de celle-ci atteint 8cm.
Ensuite le réseau s’éloigne en souterrain sous la terrasse-plateforme où sont aménagés les gîtes. Cet aqueduc souterrain mesure environ 4,50m de long. Ensuite il plonge dans la source captée qui est une grande retenue en forme de cuvette naturelle qui se trouve sous le grand mur qui soutient la plateforme où se trouvent les gîtes.

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Les Sources et Aqueducs à Ciel Ouverts au Bas de la Terrasse dans le Jardin
Ce réservoir qui reçoit les eaux des ouvrages de captages en contrebas de la muraille artificielle élevée par l’homme et qui sépare les habitations du domaine agricole, est semble-t-il d’origine naturelle et les hommes l’auraient transformé et aménagé en aqueduc aérien.
Accolé contre le mur de pierres, l’écoulement de la source est cerné par un lit de pierres large de 27cm, formant bassin et recouvert de mousses. Les eaux s’évacuent de chaque coté de ce dernier. Ce réservoir contre le mur mesure 1,20m de long sur 1,15m de large. Hors sol, il atteint 0,58m de haut. Sa bordure est de 27cm et il a une profondeur de 18cm.
L’eau des sources, poursuivent ensuite leur course à l’ai libre dans un aqueduc aérien qui semble-t-il n’a jamais possédé de couverture de protection. Cet aqueduc, depuis le réservoir au pied de la terrasse jusqu’au bassin-vivier possède une longueur totale de 36,55m de long. Sa largeur varie entre 25cm et 40cm de large. Il est bordé par une rangée de pierre, de chaque côté.
Le bassin-vivier trapézoïdal reçoit toutes les eaux provenant de la terrasse. Nous l’avons baptisé ainsi car l’évêque et ses sujets aimaient se sustenter à l’occasion de leurs agapes de poissons.
Les Escaliers Monumentaux, le Vivier et son Baptistère
Les Escaliers
Lorsque nous avons repris nos recherches en 2019, quelle ne fut pas notre surprise de découvrir deux magnifiques escaliers monumentaux qui ne se voyaient pas lors de notre premier passage en 2000. Ces ouvrages gigantesques demandèrent probablement des mois, voire des années pour réaliser les terrassements, la réception des charrettes de pierres et leur construction. Ces ouvrages sont beaucoup plus tardifs sur le site. Nous pensons qu’ils ont été érigés en même temps que la totalité des ménagements du jardin, sauf peut être le baptistère qui nous paraît avoir été conçu au cours du Moyen-Âge. Cet ensemble monumental réalisé nous paraît avoir été réalisé au cours des XVIe/XVIIe siècles lorsque l’on transforma les bâtisses féodales à la Renaissance.et quand on aménagea les jardins et parcs, à la française.
Lorsque l’on descend de la terrasse, il faut emprunter vingt six marches et si l’on remonte en direction de la grotte baptistère il faudra escalader treize marches de pierre.

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En descendant de la terrasse, la largeur de l’escalier atteint 2,30m. En face, de l’autre côté de la pente amenant à la grotte-baptistère les marches sont moins large et ne mesurent plus que 2m.
Toutes les trois ou quatre marches, a été planifié un palier afin de marquer une pause de repos. Un modeste muret de pierre borde chaque côté des deux escaliers. Disposés l’un en face de l’autre, ils stoppent leur déclivité au bord du vivier et viennent mourir à peu près au centre du monument.
Le Vivier
Ce bassin qui fut vraisemblablement le vivier des moines, alimentait non seulement les religieux vivant sur le site mais certainement la table de l’évêché et ses convives.
De forme trapézoïdale, il possédait au centre du bassin d’un petit décor de pierre de forme pyramidale, sortant de l’eau. De son axe central à la bordure du vivier, il y a 2,25m de distance.
En amont, il avait une largeur de 2,90m et côté aval celle-ci était de 6m. La longueur du bassin atteignait 8,90m, pour une profondeur de 0,80m. A l’extrémité ouest du bassin se trouvait tout au fond, un cuveau, probable sablier recueillant également les dépôts végétaux en tous genres. Ce petit aménagement aquatique rectangulaire avait une longueur de 1,20m pour 1,10 de largeur. Percé dans le fond du vivier, il reposait à une profondeur de 1,50m par rapport à la bordure encerclant l’ouvrage. De nos jours aucun poisson nageait dans ses eaux tranquilles.
Le Baptistère
D’origine naturelle lors de la première installation religieuse, il fut vraisemblablement transformé pour les besoins du culte en baptistère. Aménagé sous un énorme rocher, ce lieu de culte champêtre fut probablement visité par les pèlerins de Saint-Jacques qui gravèrent sur les rochers quelques croix latines. Les religieux creusèrent à une date très anciennes pensons-nous, une grande cuve ovale, qui n’eut d’autre fonction semble-t-il, que de servir à la cérémonie du baptême. Ce baptistère se positionnait à 13,70m du vivier. Il faisait face aux escaliers et aux habitations de l communauté religieuse.
Cet espace cultuel présente une surface ovale de 3,30m de long sur 2,10m de largeur. La profondeur de la cuve baptismale avait 0,50m de profondeur. A l’est un trou d’écoulement indique un captage d’eau de source aujourd’hui inactif. Au nord, une canalisation de trop plein vraisemblablement était percée à 30cm de profondeur dans le bassin.
L’Aqueduc Aérien entre le Vivier et la Cressonnière et ses aménagements hydrauliques
Au sortir du vivier, l’aqueduc aérien poursuit son parcours tantôt sous forme de canalisation ou encore sous l’aspect d’un filet d’eau. Il suit la déclivité naturelle du site qui se déroule en pente douce jusqu’à la rivière des Eaux-Claires. Dès son origine au vivier, il s’étire sur 5,10m de longueur avant de déverser ses eaux dans un bassin collecteur. Ce réservoir de belles dimensions, dévoile un rectangle long de 4,15m, large de 0,50m et profondeur de 30cm. Puis il reprend sa route sur une distance de 8,20m, ce qui fait un réseau long de 17 ,45m du vivier aux bassins aménagés dans la vallée.
Ces réservoirs au nombre de trois, sont alimentés par l’eau de l’aqueduc et celle qui s’échappe de sa canalisation. Ils sont composés d’un grand bassin et de deux plus petits. Ils ont une forme qui ne correspond à aucune géométrie, mais qui ont été aménagés par l’homme, car ils sont bordés par des murets de faibles hauteurs en pierre. Le plus, important à pour dimensions, 5,50mt sur 5,20m de large. Sa profondeur atteint 45cm.
L’aqueduc aérien poursuit ensuite son chemin jusqu’à l’immense cressonnière qui se trouve à une distance de près de 25m. Cette canalisation dans son premier tronçon est en pierre puis elle revient à son état naturel et s’écoule comme un petit ru pour venir se jeter dans le premier cuvier.
Le Réseau Hydraulique alimentant les Cultures Maraîchères et la Cressonnières
Aussitôt franchi les trois bassins-réservoirs d’eau, le cours d’eau reprend sa trajectoire vers le fond de la vallée. La longueur entre les trois bassins et la cressonnière est de 36,70m. Sur toute sa longueur jusqu’à la cressonnière le cours du Fontbelle, est constitué d’une canalisation en pierre sèche sans maçonnerie qui sert plus à délimiter son cours qu’a créé un conduit destiné à guider l’eau, puis dans sa seconde partie ce n’est plus qu’une circulation d’eau dans la terre. Le filet d’eau suit une pente douce et coule dans son état naturel, sans intervention humaine, jusqu’au lieu d’implantation de la cressonnière.
La Cressionnière
C’est une construction humaine qui se déploie rectangulairement tout au fond de la vallée. Cet immense collecteur est divisé en compartiments au nombre de 15, séparés les uns, des autres par des murets en pierre. Ils se développent selon cinq rangées de trois caissons alimentés par des empellements.
Cette cressonnière mesure dans sa longueur, 40m et sa largeur est de 9m. Chaque alvéole à donc pour dimensions 2,90m de large sur pas tout à fait, 8m de long. Les murets de séparation ont 18cm d’épaisseur. La profondeur de chacun de ces bassins est de 0,50m.
Cette cressonnière imposante pouvait alimenter une grande partie des tables de l’évêché, de la métairie et de la population d’Angoulême. Nous ignorons à quelle date elle fut dressée dans le fond de la vallée, mais elle apparaît sur une photographie aérienne de 1922.
Les Sources Annexes
A l’origine, elles étaient plus nombreuses que de nos jours. Elles perlaient toutes des anfractuosités de la barrière rocheuse et s’écoulaient pour quelques-unes dans l’ancien bâtiments aujourd’hui ruinée où nous positionnons l’atelier de nettoyage et de lavage des légumes avant de les livrer sur les tables de l’évêché, de la métairie et celles de la population d’Angoulême.
De nos jours nous en avons repéré seulement trois. Une se trouve dans la bâtisse bordant le bassin supérieur près des gîtes, une autre en contrebas de la tour située en face et la dernière est cachée sous la végétation du mur au pied duquel elle s’écoule dans un grand bassin. Si les premières perlant de la barrière rocheuse servaient à la préparation des culture maraîchères, les trois autres possèdent un caractère plus champêtre et décoratif qui s’intègrent dans le réseau d’alimentation hydraulique et lui constitue un apport supplémentaire en eau.
La Source de la bâtisse
Ce bâti construit contre la barrière rocheuse est un immeuble très ancien qui était probablement présent semble-t-il au Moyen-âge, car c’est sur lui que furent gravés les pas de pèlerins que nous avons relevé dans l’encadrement d’une porte.
A l’intérieur de ce dernier s’ouvre une large brèche à la base de la barrière rocheuse qui montre un trou béant qui offre la possibilité de puiser de l’eau directement dans cette nappe d’eau quasi souterraine. Elle apporte au local une certaine fraîcheur qui permet au restaurant des sources installé rue des « Meules à Grains », d’utiliser cet emplacement comme lieu de dépôt.
La « Source de la Tour »
Cette source d’agrément est incorporée dans le muret de soutènement de la grande terrasse qui s’étire jusqu’à la tour construite sur le flanc sud. Pour y accéder il faut emprunter un escalier de six marches et tourner immédiatement sur la droite pour apercevoir l’alcôve et la cuve qui recueillait les eaux. Aujourd’hui cette source est tarie. Il ne subsiste que le petit édicule qui rappelle que l’eau remplissait la cuve il y a plusieurs décennies.
La grande source champêtre et son bassin
Cette dernière est installée au milieu de la végétation luxuriante du jardin. Posée sur une terrasse la source s’écoule d’une anfractuosité rocailleuse et repose dans une grande vasque taillée semble-t-il dans le rocher calcaire. L’eau se répand ensuite par infiltration dans le sol et s’écoule vers le font de la vallée où elle rejoint les eaux de la Fontbelle. Une végétation envahissante constituée de nombreuses fougères aquatiques, poussent sur le bord du réceptacle.
Les Vignes de Fontbelle
Souhaité par L'évêque Gombauld au début du Xe siècle, ce fut donc probablement la première culture qui vit le jour à Fontbelle.
Selon ses recommandations, il précisait « que quiconque voudra acquérir des terres, bâtir, planter de la vigne dans les dépendances de l'église Saint-Pierre, dans un rayon de deux milles de la ville d'Angoulême, pourra y être autorisé, à la condition de servir à la dite église à partir de la cinquième année, une taxe annuelle de quatre deniers, payable en la fête de saint Pierre. Il donne cette autorisation à cinq chanoines qui veulent exercer ce droit sur une partie des coteaux de Crage. Novembre 918 ».
Sachant que les terres du font de la vallée ne pouvaient accueillir la vigne et que terrains humides étaient mieux adaptés à une culture maraîchère, il est fort probable qu’ils plantèrent leurs pieds sur les coteaux versants encadrant le ruisseau de Fontbelle, fruit du captage des sources qui s’écoulaient naturellement dans la vallée.
Nous pensons que géologiquement, ses plantations furent installées sur le coteau sud et le coteau nord-ouest orienté vers le sud qui recevaient un ensoleillement favorisant la pousse de la vigne et plus tard celle du raisin.
La partie basse de la vallée fut réservée à la culture de légumes. Les céréales pouvaient s’intercaler entre la vigne et les cultures maraîchères sur les flancs nord et sud.
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