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DIRAC Peintures XIXè siècle

DIRAC

La Prévalerie

« Peintures XIXe siècle – Images d’Epinal »

"Scènes de Mariage ou Tableau de Famille"

Les scènes représentées semblent se rapporter à une cérémonie de mariage remontant au XIXe siècle ou encore à un tableau de famille. Elles rappellent le style des « Images d’Epinal ». Les peintures qui embellissaient jadis cette demeure couvrent deux murs intérieurs de la salle commune. Ils s’étalent sous le plancher de l’étage et se déroulent sur une bande qui court au même niveau, sur les deux murs où elles ont été conservées. Quelques traces de peintures ont été relevées sur d’autres pans de murs de l’ancienne habitation.

 La palette des coloris utilisés pour peindre ces tableaux est pauvre. Les teintes sont le noir, une couleur jaune qui vire à l’ocre et semble t-il une touche d’orange pour le jeune homme peint sur le second mur. Les multiples tableaux qui composent les différentes œuvres découvrent une série de portraits qui se répartissent ainsi :

Mur sud :

Deux médaillons ovales encadrent un tableau rectangulaire renfermant un décor quatre personnages.

Le médaillon de gauche montre un homme vêtu à la mode militaire portant une coiffe qui rappelle la chéchia des régiments de zouaves créés en 1831. Le galon frontal est teinté de jaune. Le front du personnage est haut. Les oreilles sont parfaitement distinctes. Les yeux donnent au visage un air oriental. Le nez est bien profilé et une moustache en guidon de vélo, est finement dessinée. La bouche très fine est marquée par la couleur jaune. Les traits du visage indiquent un port digne. Le personnage regarde droit devant lui ce qui renforce le sentiment de solennité de la situation. Ses traits et son costume évoquent une scène de vie persane. Il est représenté en buste. Il porte un gilet et une veste à col droit accentuant l’idée de l’uniforme militaire. Des broderies ornent le gilet et la veste. Le gilet est peint en jaune, ainsi que le col droit de la veste. Tout le reste de la peinture est de couleur noire. La peinture est inscrite dans un cadre qui se veut imitation bois, ornés de traits obliques régulièrement espacés. Il pourrait être le père du jeune homme du couple fêté.

Le cadre rectangulaire imite le bois. Il contient quatre personnages. Deux personnes, des musiciens, l’une masculine et l’autre féminine, encadrent un couple de jeunes gens, les mariés ? Les deux accompagnants sont positionnés selon leur sexe. L’homme de profil, près du jeune homme, la femme de profil, près de la jeune fille.

Les Musiciens : Le musicien de profil, est casqué à la mode militaire richement orné. Il est maintenu par sa jugulaire au menton du soldat. Les contours sont de couleur noire. La jugulaire et le remplissage sont peints en jaune. Les cheveux retombent abondamment sur la nuque. Il est vêtu d’une sorte de vareuse au col en V rehaussé de couleur jaune. Il possède un regard enfantin. Il souffle dans un instrument de musique, genre de trompette guerrière tyrrhénienne ou romaine, qu’il tient à deux mais, les bras repliés, ce qui renforce l’image militaire des différentes scènes. Symbolise t’il la « Trompette de la Gloire ou de la renommée », ou est-il le trompette-major d’un régiment de cavalerie, ce sont des hypothèses à ne pas écarter. De l’autre côté du tableau, se positionne une dame d’âge mûr, dont la chevelure est retenue par un turban de large tissu. C'est une musicienne. Ses cheveux sont coiffés en chignon sous la nuque. Elle occupe un espace important dans le tableau car sa prestance empiète sur le visage de la jeune femme du couple. Son visage montre un profil grec au nez droit. Le sourcil est presque effacé. La pupille de l’œil est marquée d’un trait fin minuscule. La bouche très courte est emplie de peinture jaune. Elle porte un tour de cou auquel semble attaché un médaillon. Elle est habillée d’une robe au large décolleté maintenu par une fine bretelle. L’épaule semble dénudée. De la main gauche, elle tient et joue d’un instrument à corde, probablement un luth. Le manche et le chevillier sont parfaitement visibles. De sa main droite elle pince les cordes.

Le Couple de Jeunes Gens :

Le Jeune Homme. Bien qu’efféminé, il nous parait être le visage d'un jeune homme. Un élément important nous permet de l’identifier indiscutablement, c’est son sabre. Il occupe la place prépondérante de cette scène. Son visage est fin. Il porte une sorte de coiffe pouvant être une couronne, indiquant vraisemblablement sa qualité ou son rang. Une ondulation orne et traverse ce couvre-chef. Les cheveux retombent sur le cou en boucles. Il porte une tunique maintenue par un ceinturon à large boucle, auquel est accroché son sabre de cavalerie, comme le laissent supposer la garde et la poignée que l’on aperçoit à son côté gauche. Une croix latine qui pend sur sa vareuse, précise qu’il est de confession chrétienne.

La Jeune Fille.  Sa tête est recouverte d’un tulle de fines broderies. Il s’agit probablement d’un voile de mariée. Une sorte de diadème frontal, rehaussé de pierreries embellit la dentelle. Une pierre précieuse repose sur son front. Ce bandeau richement décoré, porté autour de la tête indique la qualité de la jeune personne. Il lui confère une grande dignité. Ce bijou est d’influence orientale. Les traits du visage sont fins. Ils sont dessinés à la peinture noire. Une touche de couleur jaune-ocre, teinte, comme pour les autres personnages, les pommettes de chaque faciès.

Le médaillon de droite imite le bois à l’identique de celui de gauche. Il représente une femme portant la même coiffe que l’adulte de l’autre médaillon. Les cheveux frisés de cette dame sortent discrètement sur les côtés du bonnet. Cette peinture se différencie des précédentes par le regard. Cette femme qui semble être la mère de l’un deux jeunes gens regardent dans leur direction. Elle parait veiller en maitresse de maison sur le bon déroulement de la cérémonie. Elle porte une robe à large décolleté qui découvre largement ses épaules. Elle ne porte aucun bijou. Comme pour les autres portraits, les contours sont réalisés à la peinture noire. Seule la bouche et les pommettes sont teintées à la couleur jaune-ocre.

Mur Ouest :

Trois médaillons entrelacés décorent un large pan de la cloison murale. Ils sont peints sur l’enduit des murs, sous les poutres du plancher de l’étage. Trois portraits, deux de demoiselles et celui d’un jeune homme complètent le tableau familial qui s’expose dans la salle commune.

Le médaillon de gauche renferme l’effigie d’une jeune femme, portant un chapeau incliné sur le côté gauche de la chevelure. Les cheveux du front sont tirés vers l’arrière puis ramené sur la gauche où ils descendent sur l’épaule. Le visage est fin. Les sourcils sont épais et le trait nettement marqué. Les cils se devinent et le regard de cette demoiselle est orienté sur la droite. Elle semble observer sa voisine. Des boucles d’oreilles ajoutent une teinte de féminité à son profil. Elle est vêtue d’une robe à large décolleté et manches, fermée sur le devant par des boutons.

Le médaillon central cache la silhouette d’une seconde jeune fille dont la peinture très abîmée ne dévoile que peu détails intéressants. Seuls les contours du visage se devinent. Sont perceptibles les yeux, la bouche et le menton. Sa robe s’ouvre sur un décolleté en V. Elle possède des manches. Notre description s’achève ici faute de détails plus précis.

Le médaillon de droite est l’un des plus intéressants car il reflète le sentiment qui se dégage des personnages masculins. L’aspect militaire s’affiche clairement avec le portrait du dernier invité. Il est regrettable que le visage de ce dernier soit en partie effacé. L’enduit qui supportait la peinture laisse la place aux moellons dans le haut du cadre. Toutefois le tableau montre un soldat en tenue d’apparat. Il porte l’uniforme militaire de sergent-major, grade créé en 1776 dans les compagnies d’infanterie, parmi lesquelles se recrutaient les futurs officiers. Quelques traces noires rappellent la présence d’un bicorne sur la tête. Une partie du front se devine puis les yeux, le nez, la bouche et les oreilles se dessinent délicatement. Les pommettes et les lobes sont ocrés. L’uniforme est recouvert de peinture jaune-orangée. Le col est droit et les quatre chevrons du grade de sergent-major sont parfaitement lisibles. Le jeune bas-officier tient la pose. Son bras droit est replié sur sa poitrine. Il tient dans la main droite son sabre, qui repose sur son épaule gauche, en signe de salut militaire.

Les traces de peintures diverses semblent servir à meubler le décor. Elles paraissent évoquer par leurs dessins des pièces de mobiliers. Malheureusement, elles n’occupent pas un espace assez imposant et ne sont pas suffisamment nombreuses pour en donner une interprétation précise.



Conclusion

Ces représentations d'aspect naïves illustrent différents portraits sans les codes couleurs habituelles de l'imagerie d'Epinal. Cela pourrait suggérer un essai de reproduction d'un des sujets de prédilections de l'imprimeur Jean-Charles Pellerin. Nous sommes probablement devant une représentation d'une cérémonie de mariage, la présence de musiciens semblerait aller dans ce sens.

La datation envisagée est la première moitié XIXè siècle. Une date gravée sur le puit à proximité indique l'année 1845. L'état de conservation du bâtiment est bon, la fresque, plus vulnérable, a subit d'avantage l'assaut du temps. Ceci étant ce type de décor est inédit dans le département de la Charente.



Note : "

Références Bibliographiques

Il n’existe aucune référence bibliographique.

 

Photos GRAHT : Daniel Bernardin

 

Inventeurs du Site : Pierre MAZIERE - Daniel BERNARDIN – Bernard RAMETTE – Isabelle RAMETTE – Steve RAMETTE - Jacqueline DUPUYFrançois et Marie Sylvie BOISSINOT

 

Responsable de l’étude : Daniel BERNARDIN - Pierre MAZIERE

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