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MAGNAC SUR TOUVRE Le Plateau de Bussac - La Grotte Duprilot

MAGNAC SUR TOUVRE

Le Plateau de Bussac

"La Grotte Duprilot"

Depuis trois siècles, le passé du plateau de Bassac/Entreroche ressurgit à intervalles réguliers sous les truelles et les pinceaux des archéologues. Intimement lié à celui du plateau de Recoux et aux différentes installations humaines dont la présence fut retrouvée sur les communes toutes proches de l’Isle d’Espagnac (Cité Arc en Ciel – Mativo – Les Groies – La Genevrière, Bel Air) et Soyaux (Le Roc – Les Rochers – Le Penchant de Recoux – Recoux – Antornac – Champ de Tir d’Entreroches), le GRAHT s’est de nouveau intéressé à ce site exceptionnel qui favorisa l’occupation humaine à toutes les époques de notre histoire.

Le plateau de Bussac, sur la commune de Magnac sur Touvre, s’étire selon un axe géographique sud-est/nord-ouest. Baigné à l’ouest par le ruisseau de la Font Noire, grossi des eaux des innombrables sources en provenance de la combe de Montboulard, il favorisa l’occupation humaine dès la Préhistoire. Plusieurs hameaux très anciens situés sur les communes de Soyaux et de Magnac sur Touvre, se sont construits aux pieds des falaises calcaires du crétacé qui surplombent ces vallées fertiles.

Cette frontière naturelle sépare les trois communes de L’Isle d’Espagnac, Magnac sur Touvre et Soyaux. Elle domine et fait face au plateau de Recoux, haut lieu de la préhistoire charentaise, installé sur la commune voisine de Soyaux. Les villages d’Antornac et Entreroche installés l’un au sud, l’autre au nord de la barrière rocheuse, constituent les limites ouest du plateau. Au nord-est, le bourg de Lavalade est accolé aux premiers contreforts du plateau. De nos jours, le flanc nord surplombant la vallée de la Touvre, s’est transformé et de nouveaux pôles d’habitats ont donné naissance à la cité des Grande Versennes et à la résidence de La Garenne. L’installation humaine, depuis la préhistoire n’a jamais cessé de progresser, sur ou aux abords de ce plateau. Les eaux de la Font Noire et de la Touvre, poissonneuses et giboyeuses offraient des conditions idéales pour favoriser celle-ci. Les premiers foyers humains apparaitront sur les bords de la Font Noire.

Recoux et Entreroche sont des sites biens connus des archéologues depuis la fin du XIXe siècle[1]. Fouillés à de nombreuses reprises, le Camp de Recoux et les grottes du plateau d’Entreroche livrèrent un mobilier riche et varié.

Une occupation humaine remontant au Néolithique fut également localisée au lieu-dit «Bois de Mativo», dans des sablières[1] à peu de distance du plateau.


[1]  -  R Lotte, Bulletins et Mémoires de la Société Archéologique et Historique de la Charente, 1966 Pages 24-25.


[1] - Ph Ramonet, Bulletins de la Société Préhistorique Française, 1906 Tome 3 N°2, Pages 71-77.

 

La Grotte Duprilot

Propriété de notre ami Jean-Paul Duprilot décédé ce mois de Novembre 2015, nous lui avons attribué son nom en sa mémoire. Cette grotte est également connue sous le nom de Grotte d'Entreroche. Elle fit lobjet d'un sondage archéologique du 06 au 24 juin 1983.

Une équipe de chercheurs franco-américaine, rattachés aux universités de  New Mexico à Albuquerque, à celle de Pennsylvanie et au Maine Historic Préservation Commission, assistés dans leur tache par M. José Gomez de Soto de l’université de Rennes, M. Bernard Vandermeersch de l’université de Bordeaux et de M. Louis Duport, commença l’étude du gisement d’Entreroche en ce début d’été.

Le gisement préhistorique d'Entreroches se compose d'une grotte et de deux abris répartis de part et d'autres de celle-ci. La grotte Duprilot s'ouvre dans le calcaire du crétacé turonnien de la barière rocheuse de ce vaste plateau qui surplombe la vallée de la Touvre et de la Font Noire.

Lors des fouilles de M. Ramonet en 1906, il avait été découvert un silex ressemblant à une scie. En 1932, M. Vallade avait trouvé des silex moustériens.

 Ce sont en tout, sept sondages archéologiques et un arpentage des lieux, qui seront exécutés au cours des  recherches de l'année 1983.

La grotte Duprilot à Entreroche est un long couloir qui s’étire sur 40m de long, selon un axe nord-sud. Elle se termine par une haute cheminée. L’entrée s’ouvre au sud et fait face à une autre grotte située sur le plateau d’Antornac.

Les fouilles archéologiques réalisées par Mme K. Maurer Trinkaus et M. E. Trinkhaus livrèrent un mobilier lithique constitué d'un grand nombre de silex taillés, dont seulement cinq étaient identifiafles. Deux racloirs convexes, un grattoir, une pointe tranchante et une seconde triangulaire ont pu être attribué au néolithique artenacien.

La céramique se rapportait à des vases à fond plat ou applati du Peu-Richardien et un autre ressemblait au fond plat d'un grand biol de l'âge du Bronze final. Trois fragments de lèvres et une fusaïole en poterie achève cette énumération. La pâte de ces céramiques était de couleur brune-rouge, brune-rouge-noire ou encore brune-noire. Un tesson possédait une pâte brune-noire et un engobe noir bien lisse de la période campanienne tardive. 

Pour terminer, gisaient avec ce mobilier des objets modernes en fer et porcelaine, des morceaux de terre vitrifiée, ainsi que des ossements humains modernes et de mamifères étrangers à la région pour certains.

En 1985, le rapport des fouilles archéologiques réalisées par le couple Trinkhaus[1], dans la grotte d’Entreroche, apporte des précisions sur la nature de cette occupation.

"La plupart des trouvailles...........viennent du néolithique/chalcolithique (souvent de l'artenacien). Le reste vient des périodes plus récentes (l'âge du bronze final, l'âge du fer, le moyen âge, la période moderne).

Notre interprétation est donc que la Grotte d'Entreroches et ses abris n'ont jamais été occupés par l'homme préhistorique. Il est possible que l'homme préhistorique ait utilisé la grotte ou les abris de temps en temps, mais jamais assez pour y laisser des couches archéologiques importantes".

Ces objets permettent d’établir une occupation humaine préhistorique à d’Entreroche. Celle-ci vivait dans des petites structures temporaires élevées sur le plateau. La grotte Duprilot est seulement un lieu où ont été déposés ou accumulés silex, poteries et autres ustensiles venant d’occupations post-paléolithiques[1].

 

Plus tard, ont été réalisés, près de l’entrée de la grotte, des trous et virgules, montrant une occupation temporaire du lieu. Ces creusements visibles dans la roche calcaire, appartiennent à des anciens systèmes de fermetures, permettant de se protéger de l’extérieur. Des rondins de bois, positionnés horizontalement et verticalement, bloquaient une porte venant fermer la grotte. Dès le haut Moyen Age les premiers ermites, puis les populations locales avaient  coutume d’aménager des lieux comme celui-ci. Ils s’y retiraient pour méditer ou se cacher lors des périodes historiques agitées.

Il est probable que les carriers qui exploitaient les carrières du plateau de Bussac et Entreroche séjournèrent temporairement dans cet abri de fortune.



[1] - Rapport de Sondage à la Grotte d’Entreroches et ses environs. Domaine d’Entreroches, Magnac sur Touvre, Charente, en juin 1983. Erik Trinkaus et Kathryn Maurer-Trinkaus. Départment of Anthropology, University o New Mexico, Albuquerque, New Mexico 87131, Etats Unis. Février 1984.

 
[1] - Trinkaus E, Maurer-Trinkaus K, Bulletins et Mémoires de la Société Archéologique et Historique de la Charente, 1985 N°4, Pages 227-237.

 

 



Note : "

Références (bibliographie, archives, photos, photos IGN…) :

Photos GRAHT : Daniel Bernardin

 

Inventeurs du site :

M.Ramonet - M.Vallade

Daniel Bernardin -  Jimmy Bernardin - Lionel Bernardin 6 Jean-Paul Duprilot

 

Responsables de l’étude :

Daniel Bernardin - Jean-Paul Duprilot - Catherine Chapt - François Boissinot - Marie-Sylvie Boissinot - Perrine Boissinot - Jacqueline Dupuy - Philippe Perez - François Paratte - Marie-Cécile Paratte - Fabien Truffandier - Bernard Ramette - Nicolas Bellardent-Valleau.

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