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NERSAC - Les Gâtinelles

NERSAC

« Les Gâtinelles »

 

Implantation du Site Archéologique

 

Yénik Vojacek, un ami trop tôt disparu, est à l’origine de la découverte qu’il fit dans sa jeunesse, chez ses parents à Nersac. Adolescent, il avait été en 1952, l’inventeur d’une découverte importante pour le patrimoine charentais sur la commune de Nersac, au lieu-dit « Les Gâtinelles », sur une parcelle dite « Le Champ du Grand-Moine ».

A ce jour aucune communication archéologique n’avait été faite sur le site intéressé. C’est à Chantal, sa femme,  que nous devons d’avoir recueilli le produit de la fouille archéologique, qu’il réalisa à cette période de sa vie.

 

Les Sépultures

 

Au cours de travaux réalisés par l’entreprise Cantaluc, plusieurs cercueils furent mis à jour. Yénik fit stopper les travaux et entrepris de fouiller le site. Une trentaine de sarcophages trapézoïdaux, constituaient ce qui était sans nul doute une nécropole. Pendant de nombreuses semaines qui devinrent des années, il dégagea minutieusement onze sarcophages et récupéra un mobilier très important.

 

Orientés au soleil levant, les corps reposaient dans les cercueils taillés dans la roche calcaire de ce secteur géographique. Les têtes des défunts étaient posées sur des coussinets en pierre, aménagés à l’extrémité la plus large du coffre de la sépulture. Les couvercles fermant les sarcophages avaient disparu ce qui laisse supposer qu’ils avaient été profanés à une époque indéterminée de notre histoire.

Les crânes étaient complets avec les mâchoires et les dents, dans un parfait état de conservation. Les os des squelettes montrent que certains individus avaient eu des fractures au bassin et aux bras. Un autre corps semble avoir été déposé dans son sarcophage sans aucun ménagement. L’un des crânes exhumé, portait les marques d’une cicatrisation, car un coup porté au visage de l’individu montre une fracture partant d’une oreille à l’autre. Un léger renflement de l’ossature rappelle que les os brisés se sont ressoudés avant le décès du personnage.

 

 

Le Mobilier

 

Il se composait : De dents de phoques issus vraisemblablement d’une parure, de haches en silex taillée, remontant à la Préhistoire, du minerai de bronze, des vases en terre noire, des fragments de poteries d’époques  gallo-romaines et médiévales. Ces tessons indiquent qu’ils provenaient de  tuile, pots et bols. Ils ont été tournés sur un tour de potier comme l’indiquent les traces circulaires relevées sur l’intérieur des panses des bols. Ces tessons appartiennent à des bords. Les lèvres sont minces ou épaisses selon le récipient. L’un d’entre eux, un fragment de fond de pot, à la pâte couleur gris-noir, montre un dégraissant constitué de petits graviers blancs. Certains d’entre eux semblent provenir du même récipient. Quelques autres s’apparentent à de la céramique commune gallo-romaine.

 

 

Parmi la quarantaine de tessons, trois ont attiré notre attention.

 

Le premier, de couleur gris-bleuté, correspond à un fragment de grand plat ou assiette. Son épaisseur atteint 6 mm. Il s’agit d’un bord avec une lèvre mince. Ce qui le différencie des autres, outre sa couleur, c’est sa consistance. La pâte montre un grain serré et l’extérieur a semble t-il été lissé. A l’intérieur il porte deux traits parallèles intentionnels. Côté extérieur, deux tracés s’entrecroisent comme une croix de Saint-André. Cette marques sont également humaines et pourraient appartenir à un décor de nature géométrique ornant la circonférence du plat.

 

Le second, d’époque plus récente, peut être de la fin du Haut-Moyen-âge, début du Moyen-âge, a une épaisseur de 8/9 mm. Sa pâte est uniformément blanchâtre et très serrée. Ce tesson est vernissé. Il porte sur l’extérieur un décor constitué de quatre marques géométriques ovales. Les traits sont de couleur marron foncé. Chacune d’entre elles a son extrémité pointue associée à un petit cercle. Le centre du cercle est rempli à la peinture bleue et la circonférence est cerclée d’un trait gris. Le motif du décor dessine ce qui ressemble à une face de dé, au chiffre quatre, autour duquel rayonnent les quatre figures ovales. Un halo bleuté enveloppe l’ensemble des quatre petits cercles jusqu’à la pointe des lentilles ovales.

A l’intérieur de ce que nous pensons appartenir à un pavé de carrelage, se trouve une marque très nette, laissée par le potier. Un fragment de texte écrit proprement et lisiblement se décline sur quatre lignes. Il est possible que ce soit du latin.

 

AI.  D(ou O)R.

R. MAINTR.  A

D(ou O).  CSVR.  CS

A(possible)SCALA

 

Le troisième et dernier fragment, appartient vraisemblablement à la même époque que celui décrit précédemment. La pâte et l’épaisseur sont en tous points identiques à la description précédente. Il pourrait appartenir à un autre pavé de carrelage. Le décor, bien que se rapprochant du second fragment, se démarque quelque peu de celui-ci. Il montre un décor losangé à l’intérieur duquel se trouvent des petits cercles ou points. Bien que très fragmenté, ce tesson est confectionné selon le même principe. Les couleurs sont les mêmes, seul change le motif géométrique. Les losanges de couleur marron, renferment quatre cercles disposés deux par deux, comme une face de dé. Un seul motif présente ce détail d’ailleurs tronqué par la cassure du pavé. Les autres, incomplets n’affichent que deux points. La couleur de ces points est bleue et contrairement à l’autre fragment ils ne sont pas cerclés de gris. Mais tous sont entourés du même halo bleuté.

La datation de ce fragment est contemporaine du tesson décrit plus avant.

 

Pour terminer la description de son travail de collecte, nous mentionnerons également qu’il ramassa sur son site un anneau en bronze torsadé.

Cet objet est une « rouelle à rais ». Rouelle bitronconique en bronze, à rais multiples, sur sa surface extérieure et à la circonférence aplatie à l’intérieur de l’anneau. Son diamètre intérieur est de 15 mm et pour l’extérieur il atteint 20 mm. Son épaisseur est de 3 mm.

 

Conclusion

 

Voici l’analyse des objets recueillis en 1952. On peut considérer que l’occupation humaine du site se déroula sur plusieurs millénaires. Les objets recueillis lors de la fouille que réalisa Yénik Vojacek, montre une occupation humaine, vraisemblablement dès la Préhistoire, avec la découverte de haches en silex de la pierre taillée. Cette occupation semble ininterrompue, car à l’Âge des Métaux apparaissent du minerai de l’Âge du Bronze et une rouelle torsadée. L’époque Gallo-romaine livrera un mobilier constitué de tessons de céramique commune. Puis l’époque Mérovingienne se caractérise par les sarcophages et vraisemblablement les fragments de pavé de carrelage, ornés, dont l’un s’agrémente d’un texte probablement gravé par le potier, en langue latine.

Voici la nature de la découverte de notre ami Yénik, sur la propriété de ses parents dans sa jeunesse.

 



Note : "

Bibliographie

La France - La Nouvelle République. Edition du 21 Septembre 1957.

"Aux Gâtinelles, le champ du Grand Moine recèle onze sarcophages mérovingiens et des vestiges de la civilisation Gallo-romaine."

La Charente Libre - Edition du 06 Octobre 1961

"De nombreux sarcophages de pierre sont mis à jour près de Nersac."

La France - La Nouvelle République - Edition du 06 Octobre 1961

"Les premières fouilles des Gâtinelles de Nersac remontent à 1952. De nouveaux sarcophages sont mis à jour."

La France - La Nouvelle République - Edition du Dimanche 05 Novembre 1961.

"Inventeur" des sarcophages des Gâtinelles, Yénik Vojacek transforme en musée la propriété de son père à Nersac."

 

Photographies

La France - La Nouvelle République. Edition du 21 Septembre 1957. Photographie de Yénik Vojacek, inventeur de la découverte des Gâtinelles

H. Baranger - Musée d'Angoulême prise le 09 septembre 1957 - Photo de la fouille archéologique des Gâtinelles.

M. Yénik Vojacek - Sarcophages - Année 1957

M. Daniel Bernardin - GRAHT - Année 2017 - Silex, céramiques et rouelle

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