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ESSE - Dolmen N°2 "La Tombe du Curé" à Périssac



ESSE

Dolmen "La Tombe du Curé"

Avant-Propos

Les recherches sur le mégalithisme de Charente limousine commencèrent en 1980 et s'achevèrent en 2007. Au début des années quatre vingt seuls une dizaine de mégalithes étaient connus dans le confolentais. Au moment ou s'est achevé notre inventaire, résultat d'un travail collectif, nous avions recensé pour le territoire de la Charente Limousine, 107 mégalithes toutes catégories confondues. Cet inventaire ne peut être considéré comme définitif et nous ne doutons pas que d'autres monuments apparaitront dans les années à venir.

Le dolmen "La Tombe du Curé" - Champ du Boucheron

Localisation géographique

Ce mégalithe se positionne sur le plateau de Périssac, modeste village qui domine les vallées de l'Issoire et de la Vienne. Il appartenait à un groupe de deux dolmens qui tous les deux subirent une destruction massive à deux époques pas très éloignées l'une de l'autre. En contrebas, au nord-ouest s'élève un autre dolmen sur l'ilot de Saint-Germain. La commune d'Esse connu une forte concentration de mégalithes qui malheureusement furent soit détruits ou subirent de profondes mutilations. .

Description du Monument

Peu éloigné du dolmen de Périssac qui fut détruit pour servir de tombeau à la femme d'un préfet du XVIIIe siècle, du nom de Gountier, en 1884. Ce dolmen fut en partie détruit car on enleva la table pour l'utiliser à la construction du monument dédiés aux poilus de la guerre de 1914/1918 à proximité de l'église Saint-Etienne de Esse. Sur le terrain ne subsistent que quatre piliers gisant en désordre sur le sol. Un seul reste encore planté en terre.

Dimensions des orthostates :

Pilier N°1 : Longueur = 1,96m - largeur = 090m - Grosse épaisseur = 060m - Petite épaisseur = 040m. Ce pilier git couché au pied de châtaignier qui a probablement fait s'écrouler le mégalithe.

Pilier N°2 : Longueur = 1,34m - largeur = 0,60m au centre du bloc - Epaisseur = 0,40m. Il est l'unique bloc qui a échappé à la destruction. C'est un monolithe qui présente un aspect à peu près régulier. Ces faces sont polies et ses arêtes sont émoussées. Il a fait l'objet d'une attention particulière et a vraisemblablement subi un travail plus élaboré que les autres blocs.

Pilier N°3 : Longueur = 1,80m - largeur = 0,70m - Epaisseur = 0,45m. Cet orthostate git au sol. Il porte une cassure intentionnelle sur sa partie la moins large, sûrement due à une tentative de débitage. Cette cassure présente un décalage de niveau de 16cm par rapport à l'autre extrémité du bloc.

Pilier N°4 : Longueur = 1,10m - largeur = 0,91m - Epaisseur = 0,20m. Ce bloc est le plus petit de monument. .

Interprétation/Datation

Nous supposons que ce mégalithe était contemporain du dolmen N°1 de Périssac. Il a été profondément bouleversé et il est difficile de savoir qu'elle était sa forme d'origine. Il ne subsiste rien de son tumulus.

Interprétation/Datation

Au cours de notre recherche, Bernard Fabre trouva, côté est et sous le mégalithe, une petite hache polie, exhumée de terre probablement par les animaux. .

Légendes

La destruction du monument donna lieu quelques années après cet acte de vandalisme commandité par le désir de donner au poilus de 14 un monument digne de leur sacrifice. Cette mutilation frappa l'imagination des populations locales limousines profondément attachée à la religion, à ses croyances et racines ancestrales qu'elles donnèrent le nom de "Tombe du Curé" comme pour se dédouaner de la profanation de ce tombeau d'un autre âge. Pour construire son monument funéraire près de l'église d'Esse, l'Abbé Sardin, n'hésita a frappé l'imagination de ses fidèles qui immortalisèrent son pécher.

Après la destruction du dolmen, les chiens venaient jusqu'à moitié chemin comme s'ils étaient attirés par une force étrange et ils aboyaient une partie de la nuit. Le lieu était devenu un endroit maudit et les chiens dans l'imaginaire collectif se transformèrent en loups-garous.

Références (bibliographie, archives, photos IGN…) :

Fouilles archéologiques- Esse - le Chandelier Divin du Millénaire des Ostensions -Daniel Bernardin - Bernard Fabre - 1997, Le Dolmen de Périssac - Fouilles archéologiques - Michel Dominique - Roger Crédot - Confolens sous la IIIe République - Babaud-Lacroze .

Dessin-Photos GRAHT : Daniel Bernardin .

Etude du site : Daniel Bernardin - Bernard Fabre

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Faux cromlech de Esse "Monument aux morts" XXe siècle

Avant-Propos

C’est à l’artiste Jean TEILLIET que nous devons la conception de ce monument. Il planta le décor sur la petite place de l’église, ombragée par le séculaire Tilleul de Sully. Selon Charles LAGUERENNE, qui assista et rapporta l’événement, le monument aurait été construit ainsi :

« On aurait pris un menhir dans un champ de la commune et on l’a dressé intact dans sa grandeur frustre ».

Puis les noms des soldats tombés au champ d’honneur y auraient été gravés par le burin de l’artiste. Il poursuit sa narration en décrivant :

« Le Cromlech est constitué de blocs rustiques. Ces pierres également, paraît-il, proviennent d’un champ voisin… » .

Description du Monument

Il convient ici d'apporter des éclaircissement sur la construction du monument dédié aux soldats tombés pour la patrie.

Il est exact que le monument aux morts, dédié aux héros de la Grande Guerre, a été construit avec la pierre d’un monument mégalithique. Mais il ne l’a pas été avec un menhir comme le pense le narrateur. Le mégalithique qui a prêté sa pierre, est un des deux dolmens de la nécropole mégalithique du village de Périssac, que l’on connaît sous le nom de « La Tombe du Curé ». Pour réaliser leur projet, le curé de Esse et le peintre TEILLIET firent transporter à Esse, la dalle de couverture, que l’on appelle communément la table, depuis le lieu d’implantation du dolmen de Périssac.

Cette destruction moderne d’un mégalithe s’étant déjà produite sur le site, pour la construction du tombeau de la femme du sous-préfet de Confolens en 1885, on ne trouva pas anormal de réitérer cet acte pour l’érection d’un cénotaphe à la mémoire des disparus de Esse. Ce que nous appellerions aujourd’hui un acte de vandalisme s’est commué à l’encontre de son auteur en une reconnaissance honorifique. Ce pillage archéologique est resté dans l’esprit populaire comme une réalisation sacrée et à partir de ce jour, elle baptisa ce dolmen N°2 de Périssac « La Tombe du Curé ».

Cette sépulture, maintenant ruinée, existe toujours à Périssac. Elle est érigée dans le pré dénommé sur la parcelle cadastrale « Le Champ du Boucheron ». Elle ne présente plus guère d’intérêt pour la science mais elle mérite malgré tout d’être conservée et protégée dans son état actuel.

Rares sont les personnes qui se souviennent de l’abbé SARDIN mais beaucoup d’autochtones savent où se trouve « La Tombe du Curé » à Périssac. Pour les archéologues, cette appellation restait à ce jour une énigme. Grâce à notre fouille de l’église Saint Etienne intervenue en 1995, elle est enfin résolue.

L’abbé SARDIN fit transporter la table du dolmen à l’aide d’une charrette tirée par six chevaux depuis le site archéologique jusqu’au bourg de Esse. De même, il fit prendre les dix rochers du cromlech dans un champ de la campagne environnante et les amena au moyen d’une nouvelle charrette tirée par quatre bœufs en plusieurs voyages.

Ces dix blocs de pierre, dressés en cromlech, cercle de menhirs, sont de faux mégalithes. A aucun moment, ils n’ont appartenu à un quelconque monument mégalithique local. Le Monument aux Morts fut inauguré en 1923.

Interprétation/Datation

Monument funéraire à son origine, ce mégalithe est devenu aujourd’hui un monument commémoratif rappelant le souvenir d’hommes morts au combat pour la France. Sa nouvelle affectation funéraire l’a placé à proximité d’un lieu de culte chrétien lui-même édifié à l’emplacement d’un culte païen.

Le cocasse de cette situation fait qu’un monument d’origine païenne a été dressé par des hommes du XXe siècle, en 1923, de religion catholique sur un cimetière chrétien et à l’emplacement d’un lieu de culte païen, gaulois et romain. C’est pour le moins curieux et incongru car il se trouve que la vocation première du monument est respectée.

Etat de conservation du site : Ce nouveau monument est une curiosité charentaise et il appartient aussi bien à notre patrimoine protohistorique, qu’historique. La fouille de l'église de Esse a permis de retrouver une page de ce passé et de rétablir la vérité sur l'origine de la destruction du dolmen N°2 de Périssac et de mieux appréhender comment cette construction moderne fut réalisée.

Références (bibliographie, archives, photos IGN…) :

Fouilles archéologiques- Esse - le Chandelier Divin du Millénaire des Ostensions -Daniel Bernardin - Bernard Fabre - 1997, Le Dolmen de Périssac - Fouilles archéologiques - Michel Dominique - Roger Crédot - Confolens sous la IIIe République - Babaud-Lacroze - Esse - Un Site Cultuel Ancien - Daniel Bernardin - Bernard Fabre - Année 2005 .

Dessin-Photos GRAHT : Daniel Bernardin

Inventeurs et Etude du site : Daniel Bernardin - Bernard Fabre

Article en cours

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