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MAGNAC SUR TOUVRE "Le chemin des carrières et ses ornières entre Bussac et Entreroches"

MAGNAC SUR TOUVRE

Le Plateau de Bussac – Entreroche –  Antornac

Du Moyen Age à la Révolution

 

 La Campagne Médiévale, L’Exploitation des Sols

L’homme et son Espace 

 

Bien que nous n’ayons retrouvé aucune trace écrite, nous pouvons supposer que les carrières du plateau de Bussac-Entreroche-Antornac furent exploitées dès le Moyen Age et peut être même à une époque encore plus lointaine, mais nous resterons prudents faute de preuves.

 

Selon l’Abbé Pierre Lescurat (1884-1935), le roi Charles le Chauve (823-877) confirme la donation des terres de Magnac, le 06 septembre 852, à l’abbaye Saint-Cybard d’Angoulême. Mais la charte de cette transaction, faite par l’évêque d’Angoulême Launes II (vers 850 à 862), ne mentionne pas encore l’existence d’une église.

 

La connaissance d’un tel monument n’apparaitra officiellement que le 14 avril 1110, dans une bulle du Pape Pascal II (1099-1118) adressée à Girard II évêque d’Angoulême (1101-1136), légat du souverain pontife.

 

C’est probablement à ce moment là que l’histoire du plateau et des villages qui le bordent commencent. Les travaux de l’église nécessiteront beaucoup de pierre et l’exploitation des carrières va pour plusieurs siècles faire appel à une main d’œuvre qui s’installera sur les contreforts du plateau calcaire. Il est possible que les villages de Bussac, La Vallade, Entreroche et Antornac aient vu l’installation des carriers, tailleurs de pierre, charrons, charretiers, etc…. à proximité immédiate des sites d’extraction de la pierre.

 

Ces hameaux, renferment toujours de nos jours, des vestiges architecturaux souvenirs du Moyen Age. Bussac renferme dans ses ruelles étroites une maison forte du XVe siècle, La Vallade possède un souterrain refuge où se refugiait la population en cas de danger et Entreroche dit dans ces temps reculés « Auteroche »  compte également un logis noble. Antornac avec son arcade dite « Porte Saint-Martial », situé sur un ancien chemin médiéval reliant Saint-Martial de Limoges à Saint-Martial d’Angoulême, était un lieu de passage des jacquets. Cette ancienne voie pèlerine passait par le logis de La Lèche à Touvre, Bussac et Antornac, puis poursuivait par Angoulême en direction de Saint-Jacques de Compostelle.

 

En 1931, lorsque l’Abbé Lescurat effectue la fouille archéologique de l’église Saint-Cybard de Magnac, il témoigne :

« La pierre employée est la pierre du pays. Les pierres formant assise jusqu’à une certaine hauteur, qui sont plus dure et d’une teinte plus gris-jaune, semblent provenir des carrières abandonnées depuis longtemps, situées non loin de la route d’Angoulême et de la ligne (ferroviaire) d’Angoulême-Limoges, près du chemin montant de Magnac au bois de la Garenne, près du lieu-dit « Beaulieu de Montrigaud ».

Les autres pierres, plus tendres et plus blanches, se rapprochent des pierres des carrières de Bussac ».

« La construction de cette église, en matériaux du pays est d’un aspect peut-être un peu sévère, mais vraiment imposant ».

 

Il suffit au cours d’une promenade d’observer les rues de ces hameaux pour constater que l’activité des carrières battait son plein, les bords des routes, chemins et autres voies sont jonchés de blocs calcaires qui forment clôture en limite de propriétés. De nombreuses habitations anciennes de ces bourgs, sont construites avec cette pierre de taille blanche mentionnée par l’Abbé Lescuras.

 

Ces détails archéologiques sont importants car ils nous permettent de situer quelles carrières au XIIe siècle étaient déjà en activité. Le cadastre napoléonien et la toponymie locale nous apportent de plus des éclaircissements supplémentaires.

 

L’activité humaine sur le plateau ne s’est pas résumée simplement à l’extraction de la pierre. La lecture du parcellaire cadastral, section C, dite de « La Vallade »,  datant du 15 juillet 1824, nous apprend que les habitants de ces villages possédaient de la vigne (Sous la Vigne), pratiquait l’agriculture comme en témoigne l’appellation « Les Grandes Versennes » qui désigne un ensemble de champs contigus dont les sillons ont la même direction, ou encore « Les Grands Champs de La Vallade».

 

Une pièce agricole portant le nom « Les Aumôneries » pourrait rappeler le Chemin de Saint de Saint-Jacques de Compostelle car elle évoque une ancienne maison de charité ou de soins pour les malades, peut être un lieu d’accueil pour les pèlerins.

 

L’installation des premières abbayes va également entrainer la nécessité d’obtenir un agrandissement du domaine agricole et pour cela il va falloir gagner sur la forêt. Les moines aidés par les populations locales vont pratiquer la déforestation afin de rendre les terres cultivables et labourables. C’est à cette époque que l’on va créer les premiers parcellaires. Le plateau d’Entreroche-Antornac conserve le souvenir de cet usage. Nous avons retrouvé sur les hauteurs, les traces de murets, chirons de pierre, cabanes en pierre sèche, resserre à outils, multiples témoignages archéologiques de cette intervention humaine et exploitation agricole. Ces méthodes séculaires se sont perpétuées jusqu’au début du XXe siècle.

 

Voici le paysage toponymique et ethnographique de la vie quotidienne de nos aïeux. Ces hommes qui travaillaient la terre et la pierre, à temps plein ou de façon saisonnière, nous ont laissé quelques graffitis évoquant leurs métiers. Les dessins de ces paysans, carriers, compagnons tailleurs de pierres, sont les témoignages silencieux des temps passés.

 

 

 

Le "Chemin des carrières et ses ornières"

L'étude des voies à ornières du plateau de Bussac sur la commune de Magnac Sur Touvre s'échelonna sur plusieurs années. Toutes les carrières de l'espace compris entre les hameaux de La Vallade-Bussac et Entreroches-Antornac furent visitées.

Une foule de renseignements nous renseigna sur l'activité humaine du plateau. L'extraction de la pierre bien qu'elle fut l'activité principale, ne fut pas l'unique occupation à laquelle se livrère les hommes qui travaillaient la pierre. L'agriculture, la vigne et l'élevage  partageaient la surface exploitable du plateau avec les carriers. Nous avons retrouvé sur les lieux les traces d'un vignoble très ancien, des parcelles utilisées pour le pacage des animaux et la culture. Des traces de ruines de cabanes agricoles et de vignes, ainsi que des resserres à outils incorporées dans les murs parcellaires se devinent encore dans les murets de pierre vernaculaires qui dessinent les parcelles du plateau.

Ces traces de cabanes laissent présumer qu'en périodes estivales, bergers, vachers ou travailleurs agricoles résidaient dans ces abris durant de courtes périodes. De même, nous avons aperçu dans certaines carrières des éléments de construction indiquant qu'au cours de ces mêmes saisons, les carriers et tailleurs de pierres résidaient sur le lieu de leur ouvrage.

Les charrons assuraient la liaison entre le bourg et ces lieux d'extraction. Ils assuraient probablement le raviataillement en nourriture et boisson de ces travailleurs. Ce sont ces passages incessants qui  creusèrent progressivement le manteau calcaire de cette plateforme naturelle culminant à 129m d'altitude. Nous avons relevé en différent endroits des traces d'ornières qui nous apportent de enseignements sur la nature des moyens de transports au différentes périodes de l'histoire du plateau.

Deux secteurs géographiques retinrent notre attention. Le premier se positionne à environ 800m du hameau de Bussac et au sud du plateau, le second à près de 1,500km de ce même village. Nous dénommerons "Bussac Sud" le réseau de voies à ornières qui se trouve proche du Bois d'Antornac et "Les Grandes Versennes" pour la voie qui fut débroussaillée par le GRAHT et qui surplombe la cité des Grandes Versennes.

 

En cours

 



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